
Docteur Corneille DAGBA
Nom botanique : Allium sativum de la famille des Lilliaceae : Synonyme Porvium sativum Relib. Noms communs Anglais: Garlic /Français: Ail
Description de la plante
Une herbe dressée, robuste et pérenne à bulbe. De 60 cm de hauteur, avec un bulbe central couverte d’écailles à l’aisselle. Le bulbe se compose d’un certain nombre de caïeux ou gousses enfermées dans une peau semblable à du papier. Les feuilles sont longues, plates et lisses avec une lame de feuille à forme cylindrique, creuse, linéaire, plate et solide à sommet aigu (apex acuminé); une inflorescence sphérique avec des fleurs colorées blanches ou rose-violacées sur des pédoncules grêles (Burkill, 1995; Gill, 1992).
Selon l’Institut de Recherche Forestière sur l’Herbier, Ibadan) Allium sativum est originaire du Nigéria (Afrique de l’Ouest). Sa culture est aujourd’hui répandu dans de nombreuses parties du monde, notamment en Europe, en Afrique du Nord, en Asie, en Amérique du Nord et en Afrique de l’Ouest (GHP 2007; Burkill 1995; Adjanohoun et al, 1991).
Utilisations ethnomédicales
L’ail est un anticholestérol, un anti-hypertenseur, un anticoagulant, un anti-diarrhéique, un antidysentérique, un stimulant immunitaire, un stomachique, un sudorifique, un expectorant, un vermifuge, un anti-irritant, un diurétique, un antibiotique à large spectre. Il est utilisé en externe pour l’arthrite, les cors, les verrues, les névralgies (Elujoba et Olawode, 2004; Gill, 1992; Adjanohoun et al., 1991), la fièvre, la toux, les flatulences, l’ulcère, la raucité de la voix, la bronchite et autres problèmes respiratoires, les maladies de la peau, les brûlures, l’otite et l’amygdalite, les rhumatismes, la tuberculose, typhoïde, l’artériosclérose, l’hyperlipidémie et le diabète, la prévention de l’athérosclérose (en fonction de l’âge) des changements vasculaires (OMS, 1999).
Activités biologiques et pharmacologiques
Plusieurs études scientifiques ont montré que l’ail a des propriétés antihyperlipidémiantes, antihypertensives et anticoagulantes (Auer et al., 1990; Broche et al., 1990; Barrie et al., 1987). De nombreuses actions thérapeutiques de l’ail sont attribuées à l’allicine et à ses métabolites. Par exemple l’allicine et son dérivé sulfurique ont la propriété d’inhibé in vitro la prolifération de la leucémie maligne de plusieurs cellules humaines non atteintes. Des études in vitro ont montré que l’ajoène possède des propriétés antithrombotiques et antimicrobiennes en réduisant le taux de cholestérol. L’ajoène présente des effets inhibiteurs sur l’activation des plaquettes (Apitz-Castro etal., 1986.), leurs liaisons à la paroi du vaisseau sanguin endommagé (Apitz-Castro et al., 1994) et à la formation de thrombus (Apitz-Castro et al., 1992). Il prévient également la perte de plaquettes sanguines, empêche la circulation de la lipoxygénase et l’activité de la tyrosine phosphatase dans les plaquettes humaines (Srivastava et Tygi, 1993) de même que la réduction de la biosynthèse du cholestérol (Gebhardt et al., 1994). Les composés de disulfure et de trisulfure de diallyle possèdent des propriétés d’agrégation plaquettaire et de formation antithromboxane (Bordia et al., 1998).
Des extraits aqueux et organiques de l’ail ont inhibé in vivo l’agrégation plaquettaire (Mohamed et Woodward, 1986). Les extraits d’ail réduisent l’accumulation de cholestérol dans les vaisseaux sanguins et le développement de plaques artériosclérotiques dans la paroi artérielle de lapins nourris en cholestérol (Koscielny et al., 1999; Effendy et al., 1997). Les extraits ont également montré des effets antihypertenseurs, une activité anticoagulante accrue, une diminution de la viscosité du sang et l’amélioration de la fonction cardio-vasculaire (Kendler, 1987). L’huile d’ail produit inversion marquée de changements métaboliques liés à l’infarctus du myocarde induit par l’isoprotérénol (Saravanan et Prakash, 2004). Les extraits d’ail ont montré des propriétés larvicides contre les larves d’anophèles et de culicinés et, une forte activité inhibitrice contre une série de bactéries pathogènes et champignons (Benkeblia 2004).
Ajoène présente des activités antimycosiques, antimicrobiennes et antivirales. D’autres tests in vitro et in vivo ont également montré que l’ail a des effets antifongiques à large spectre (Davies et Perrie, 2003) et présente une activité synergique avec l’amphotéricine B qui inhibe la croissance fongique (Tansley et Appleton, 1975).
De vastes recherches scientifiques ont montré que divers produits commerciaux faits à base d’ail possèdent des activités antivirales contre une série de virus, y compris l’herpès simplex de types 1 et 2, la grippe A et les virus de type B, le cytomégalovirus humain, le virus de la stomatite vésiculeuse, le rhinovirus, le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), la pneumonie virale et le rotavirus. Il a été démontré que l’allicinea une activité antibactérienne (Cavallito et Bailey, 1944). De nombreuses études épidémiologiques, cliniques et de laboratoire ont démontré le rôle de l’ail dans la prévention du cancer (Bianchini et Vainio, 2001; Dorant et al., 1996). Les constituants chimiques de la poudre et de l’huile d’ail possèdent un puissant effet antibactérien sur Helicobacter pylori, qui peut expliquer son effet supposé protecteur contre le cancer gastrique. Les propriétés chimiopréventives de la plante ont été attribuées à des composés organo-sulfuriques qui modulent en activant l’activité de plusieurs enzymes du métabolisme, ou en détoxifiant les agents cancérigènes. et en inhibant la formation de plusieurs additifs d’ADN dans les tissus cibles (Bianchini et Vainio, 2001). Il a été démontré que le disulfure de diallyle possédait une puissante activité chimio-préventif contre les cancers du côlon, du poumon et de la peau.
Données cliniques
Les préparations de la poudre d’ail ont
- montré un potentiel de réduction des lipides, mais aussi la diminution du taux d’activateur tissulaire du plasminogène et d’hématocrite;
- augmenté de 4,2% le diamètre moyen des artérioles et de 5,9% les veinules par rapport aux contrôles;
- augmenté de même le débit érythrocytaire capillaire et la diminution du taux de viscosité et de fibrinogène du plasma, causée par la réduction des concentrations de lipides sériques et l’activité sensiblement accrue de l’activité tissulaire du plasmogène par rapport au placébo; l’agrégation plaquettaire induite par l’adénosine diphosphate et le collagène a été significativement inhibée entre 2 à 4 heures après l’ingestion d’ail et, est restée inférieure pendant 7 à 14 jours après le traitement ;
- une diminution de la proportion des agrégats de circulation plaquettaire et l’agrégation spontanée de plaquettes par rapport au groupe placebo et diminué également la glycémie moyenne (OMS, 1999). Plusieurs rapports cliniques et des méta-analyses ont révélé les effets anti-cholestérol de l’ail cru et de suppléments d’ail.
Il a été montré également que l’ail peut diminuer les lipoprotéines de faible densité et augmenter les niveaux de lipoprotéines de haute densité (Ernst, 1987; Chang et Johnson, 1980). L’application topique de l’ajoène a produit une réponse clinique significative chez les patients atteints d’un carcinome basocellulaire de la peau.
Constituants chimiques
Présentent un pouvoir stimulant de cellules effectrices immunisées, comprenant les cellules T et celles de morts naturelles (Bianchini et Vainio, 2001).
L’huile volatile est composée principalement de soufre contenant des substances telles que le sulfure de diallyle, l’alliine, et l’alliinase (Gill, 1992),les vitamines A, B, C, D et E, l’ajoène (Chevallier, 1996), les oléorésines, les acides aminés; les minéraux (germanium, calcium, cuivre, fer, potassium, magnésium, sélénium, zinc); la saponine; les glycosides cyanogènes; les thioglycosides et les flavonoïdes (GHP, 1992); les oléorésines, les acides aminés, lesvitamines A, B, C et D ( Newall et al., 1996;. Leung et Foster, 1996; GHP, 1992).
Tests d’identité et de purété
Teneur en humidité: pas plus de 7,0%
Cendre totale: pas plus de 5,0%
Cendre insoluble dans l’acide: pas plus de 1,0%
Substances extractibles par l’eau: pas moins de 5,00%
Substances extractibles par l’éthanol (70%): pas moins de 4,00%
Extrait chloroformique : Empreintes chromatographiques
L’analyse par chromatographie CCM avec phase stationnaire: gel de silice (0,25 mm) G60F254, et phase mobile: éther de pétrole (40 à 60o°)/chloroforme [2:8 v/v], la révélation est réalisée par pulvérisation du mélange anis aldéhyde (0,5ml) et d’acide acétique glacial (10 ml), 85 ml de méthanol et 5ml d’acide sulfurique concentré, puis chauffé à100-110°C pendant 5-10 mn. Présence d’un tâche violette distincte avec valeur Rf = 0,75.
Macroscopie
Le bulbe d’ail frais ou séché soigneusement se compose du bulbe principal entouré de plusieurs bulbes secondaires ou caïeux. Il y a plusieurs couches extérieures de feuilles de protection qui ont tendance à entourer la gaine interne. La gaine intérieure entoure les gousses qui sont généralement de forme asymétrique, sauf celles du centre. Plus de 20 caïeux fermés avec de nombreuses racines courtes sont étroitement intégrés ; un bulbe composé de sous-globuleux de 4-6 cm de large; 8-15 bulbilles, entouré de 1-2 écailles membraneuses blanchâtres sèches et attachées à une base circulaire aplatie; les bulbilles individuelles se cassent facilement après le retrait des enveloppes extérieures; connu pour sa forte odeur persistante, âcre, piquante, aromatique, désagréable et caractéristique des alliacées, et le goût fort. A la lumière, la couleur est brun-violacé, chamois pâle au gris.
Microscopie
Les deux parties supérieures et inférieures des cellules épidermiques apparaissent comme une couche dans chaque cas. L’épiderme extérieure ou supérieure est dépourvu de la chlorophylle, mais contient des sclérites lignifiées qui sont allongées et opposées, également de longues fibres mesurant jusqu’à 500 μ de longueur sur 3 μ de largeur, les cellules des écailles sèches contiennent des cristaux rhomboïdes d’oxalate de calcium. Les cellules supérieures de l’épiderme à proximité de la couche d’écailles sèches constituent la seule couche de cellules cuboïques rectangulaire, suivie par plusieurs couches de grandes cellules parenchymateuses.
Les faisceaux vasculaires (xylème et phloème) sont présents sous forme de vaisseaux lignifiés spiraux et annulaires. L’épiderme inferieur a des cellules, plus petites que celles de l’épiderme supérieur. L’écaille membraneuse externe se compose de la masse au sol de cellules parenchymateuses contenant des cristaux prismatiques et de l’amidon, traversés par des éléments vasculaires; deux revêtements de différentes bulbilles : celui de l’extérieur se compose de cellules parenchymateuses à parois verticales avec peu de fibres et l’autre intérieure est entièrement constituée de prosenchyme. La section transversale du bulbedécalaminé montre un corps extérieur avec un épiderme comprenant des sclérites isodiamétriques lignifiées, au sein du cuticule, du parenchyme cortical avec quelques grains d’amidon qui montrent des croix de Malte à la lumière polarisée, les cellules à huile essentielles dont le contenu jaunâtre est disséminé parmi le parenchyme du bas ; les faisceaux vasculaires collatéraux sont constitués de vaisseaux lignifiés annulaires et spiraux légèrement épaissis et des fibres de phloème non aoûté avec des cellules de parenchyme dispersées dans le tissu au dessus tandis qu’un corps intérieur se compose d’un corps fusiforme avec la disposition de tissu tel que celui de l’extérieur, avec un épiderme dans lequel le tissu corticale est avec des cellules d’essence et des faisceaux vasculaires; un organe en forme d’embryon qui est fusiforme avec les deux extrémités repliées, remplissent le noyau central du bulbille avec une disposition de tissus comme le corps externe (GHP, 1992).
Matériel végétal en poudre
Les sclérites de couches épidermiques de feuilles de revêtement ou de protection ; les cellules épidermiques des gousses intérieures ou bulbilles se retrouvent avec les cellules de cuticule sur la surface inférieure, qui sont de taille plus petite que les cellules supérieures de l’épiderme; les copeaux ou les fragments d’éléments vasculaires lignifiés, en spirale et annulaire, peu de stomates et des cristaux d’oxalate de calcium. La couleur pâle au blanc grisâtre ou violacé, l’odeur et le goût particulier des alliacés est aromatique et piquant. des brûlures d’estomac, des nausées, des diarrhées et des changements dans la flore intestinale qui peuvent augmenter le risque de saignement post-opératoire (Benkeblia, 2004).
Effets indésirables
L’ail peut aussi provoquer une mauvaise haleine et des odeurs corporelles ; la dermatite allergique, des brûlures, des cloques et l’effet d’asthme (Jellin et al., 2003 ; Brinker, 2001; Sunter, 1991; OMS, 1999).
Contre-indications
L’utilisation concomitante avec des anticoagulants ou des médicaments qui empêchent des agrégations antiplaquettaires (ex : aspirine) peut prolonger le saignement ou le temps de coagulation (Gill, 1992).
Indications thérapeutiques
L’athérosclérose, la constipation, le diabète, la diarrhée, la dysenterie; l’otite, la goutte, les maux de tête, hypertension, la lèpre, les rhumatismes, les morsures de serpent, les symptômes de l’infections des voies respiratoires (par exemple le rhume, la fièvre, la toux, la bronchite, la congestion du sinus), la tuberculose (Watt et Breyer- Brandwijk, 1962).
Données de sécurité
La DL50 de l’extrait aqueux du bulbe centrale (p.o) chez la souris sur une période de 24 heures a été au-delà de 2000 mg/kg. Dans les études de toxicité subaiguë, aucun signe clinique de toxicité n’a été observé après l’administration orale de l’extrait de 500-2000 mg/kg à des souris mâles et femelles pendant 14 jours.
Précautions d’emploi
L’ail doit être pris avec des aliments (CorzoMartinez et al., 2007) parce que des doses excessives, en particulier à jeûn peuvent provoquer des maux d’estomac, des flatulences, Les enfants de moins de 12 ans (peut provoquer des coliques chez les bébés), l’hémophilie, les maladies rénales, les maladies du foie, le cancer de la prostate, le lupus érythémateux systémique; il devrait être évitée chez les patients ayant une peau malade ou endommagé (Jellin et al., 2003;.. Barnes et al., 2002; Brinker, 2001; Sunter, 1991; Ernst, 1987; Boon et Smith, antitussif, GIT lisse, carminative, 1999).
Dosages et forme galénique
Bulbe intact, décoction, teinture, comprimés, capsules. De façon générale, le bulbe frais et l’huile de bulbe peuvent être donnés à 2-5 mg par jour (un bulbe, 1-2 fois par jour) alors que la poudre donnée au quotidien est de 400-1200 mg par jour, la teinture 1:5 dans 60% d’éthanol est donnée à 5 ml trois fois par jour
Conservation
A conserver dans un endroit frais et sec, à l’abri de la lumière et de d’humidité dans un récipient bien fermé.
Références
Abdullah, T.H., Kirkpatrick, D.V., Carter, J.
(1989). Enhancement of Natural Killer Cell Activity in AIDS with Garlic. Deutsch Zeishrift fur Onkologie 21: 52-53.
Adjanohoun, E, et al., (1991). Contribution to ethnobotanical and floristic studies in western Nigeria. published by the Scientific, Technical and Research Commission of the Organisation of African Unity (OAU/STRC), Lagos. Apitz-Castro, R., Badimon, J.J., Badimon, L. (1994). A garlic derivative, ajoene, inhibits platelet deposition on severely damaged vesselwall in an in vitro porcine experimental model.
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