
Dr PONS Olivier, Professor, (OMD, NMD, PhD)
Abstract (English)
Multiple sclerosis (MS) is a chronic inflammatory and neurodegenerative disease of the central nervous system characterized by demyelination, axonal damage, and progressive neurological disability. Although traditionally considered an immune-mediated disorder, increasing evidence highlights the role of neurodegeneration and cytoskeletal abnormalities in disease progression. Thau protein, a microtubule-associated protein primarily studied in Alzheimer’s disease and other thauopathies, has emerged as a potential biomarker and contributor to neuronal integrity in MS. This article reviews the biological functions of thau, its involvement in neurodegenerative processes, and the current state of research exploring its relevance in MS. In addition, it discusses the role of fish-derived proteins and nutrients—particularly from freshwater ecosystems such as the Zambezi basin—as indirect modulators of neuroinflammation and neuronal health. While no direct protein equivalence or “Thau protein” has been identified in fish species, comparative proteomics and nutritional neuroscience provide useful frameworks for understanding chronic neurological diseases. The review synthesizes peer-reviewed literature up to 2023 and highlights future research directions bridging immunology, neurobiology, and environmental health.

Résumé (français)
La sclérose en plaques (SEP) est une maladie inflammatoire chronique et neurodégénérative du système nerveux central caractérisée par la démyélinisation, les lésions axonales et l’incapacité neurologique progressive. Bien que traditionnellement considérée comme un trouble à médiation immunitaire, des preuves de plus en plus nombreuses soulignent le rôle de la neurodégénérescence et des anomalies du cytosquelette dans la progression de la maladie. La protéine tau, une protéine associée aux microtubules étudiée principalement dans la maladie d’Alzheimer et d’autres tauopathies, a émergé comme un biomarqueur potentiel et un contributeur à l’intégrité neuronale dans la SEP. Cet article passe en revue les fonctions biologiques du tau, son implication dans les processus neurodégénératifs et l’état actuel des recherches explorant sa pertinence dans la SEP. Cet article passe en revue les fonctions biologiques de la protéine tau, son implication dans les processus neurodégénératifs et l’état actuel de la recherche explorant sa pertinence dans la sclérose en plaques. De plus, il discute du rôle des protéines et nutriments dérivés des poissons—particulièrement des écosystèmes d’eau douce tels que le bassin du Zambèze—comme modulateurs indirects de la neuroinflammation et de la santé neuronale. Bien qu’aucune équivalence protéique directe ou « protéine Thau » n’ait été identifiée chez les espèces de poissons, la protéomique comparative et les neurosciences nutritionnelles offrent des cadres utiles pour comprendre les maladies neurologiques chroniques. La revue synthétise la littérature évaluée par des pairs jusqu’en 2023 et met en évidence les orientations futures de la recherche reliant l’immunologie, la neurobiologie et la santé environnementale.
- Introduction
La Multiple Sclerosis (SEP) est une maladie chronique du système nerveux central caractérisée par une interaction complexe entre inflammation, démyélinisation et neurodégénérescence. Elle touche principalement les adultes jeunes et constitue une cause majeure de handicap neurologique acquis.
Longtemps considérée comme une maladie exclusivement auto-immune, la SEP est aujourd’hui comprise comme une pathologie multifactorielle, impliquant :
une activation anormale du système immunitaire,
des mécanismes neurodégénératifs progressifs,
des facteurs environnementaux et métaboliques.
Dans ce contexte, les protéines associées à la structure neuronale, telles que la protéine tau, suscitent un intérêt croissant.
- La protéine tau : rôle biologique
La protéine tau est une protéine associée aux microtubules, principalement exprimée dans les neurones. Ses fonctions principales incluent :
la stabilisation des microtubules,
le transport axonal,
Le maintien de la structure neuronale.
Lorsque tau est hyperphosphorylée, elle peut :
Se détacher des microtubules,
S’agréger,
Contribuer à la dégénérescence neuronale.
Ces mécanismes sont bien documentés dans les tauopathies (ex. maladie d’Alzheimer), mais leur rôle dans la SEP est plus indirect et encore en exploration.
- Neurodégénérescence dans la sclérose en plaques
Contrairement à une vision ancienne centrée uniquement sur l’inflammation, la SEP implique également une perte neuronale progressive.
Les mécanismes incluent :
dommages axonaux irréversibles,
Stress oxydatif,
Dysfonction mitochondriale,
Altérations cytosquelettiques,
Désorganisation des microtubules.
Dans ce cadre, la protéine tau est étudiée comme :
Biomarqueur potentiel de dégénérescence neuronale,
Indicateur de l’intégrité axonale,
Cible indirecte des processus pathologiques.
- Thau et sclérose en plaques : état des connaissances
Les études récentes suggèrent que :
Des niveaux modifiés de tau peuvent être détectés dans le liquide céphalorachidien de patients atteints de SEP,
Tau pourrait refléter la sévérité de la neurodégénérescence plutôt que l’activité inflammatoire,
La phosphorylation anormale de tau pourrait être influencée par l’environnement inflammatoire chronique.
Cependant :
Tau n’est pas considéré comme un facteur causal primaire de la SEP,
il s’agit plutôt d’un marqueur associé aux dommages neuronaux secondaires.
- Protéomique des poissons et intérêt biologique
Les poissons constituent un modèle important en biologie et en nutrition :
5.1 Protéomique
Les études protéomiques chez les poissons (y compris dans des bassins comme le Zambèze) visent à :
Analyser les réponses au stress environnemental,
Comprendre les adaptations physiologiques,
Identifier des protéines liées à la croissance et au métabolisme.
Cependant, aucune protéine appelée “Thau” n’est décrite dans les bases scientifiques standard.
5.2 Valeur nutritionnelle
Les poissons sont riches en :
acides gras oméga-3 (EPA, DHA),
Protéines de haute qualité,
Micronutriments (vitamine D, sélénium).
Ces éléments peuvent avoir des effets indirects sur :
L’inflammation systémique,
La santé neuronale,
La modulation immunitaire.
- Poissons et maladies neurodégénératives
Des études observationnelles suggèrent que :
Une consommation régulière de poisson est associée à une progression plus lente du handicap dans certaines maladies neurologiques,
Les oméga-3 peuvent moduler la réponse inflammatoire,
Certains nutriments peuvent soutenir la plasticité neuronale.
Ces effets restent toutefois complémentaires et non curatifs dans la SEP.
- Approche intégrée : inflammation, cytosquelette et environnement
La SEP peut être conceptualisée comme l’interaction de trois axes principaux :
Immunologique : activation des lymphocytes, inflammation chronique
Neurodégénératif : atteinte axonale, implication de protéines comme tau
Environnemental : alimentation, microbiote, exposition solaire, etc.
La protéine tau s’inscrit principalement dans l’axe neurodégénératif, tandis que les protéines alimentaires issues du poisson relèvent de l’axe environnemental.
- Limites des connaissances actuelles
Absence de lien direct entre protéines spécifiques de poissons et tau humaine
Hétérogénéité des études sur tau dans la SEP
Difficulté à distinguer cause vs conséquence dans les biomarqueurs
Manque d’études longitudinales robustes
- Perspectives de recherche
Les axes futurs incluent :
L’identification de biomarqueurs combinant inflammation et neurodégénérescence,
L’étude des interactions entre métabolisme lipidique et protéines neuronales,
L’intégration des approches protéomiques animales et humaines,
Le développement de stratégies thérapeutiques neuroprotectrices.
- Conclusion
La sclérose en plaques est une maladie complexe où l’inflammation et la neurodégénérescence coexistent. La protéine tau, bien qu’initialement étudiée dans d’autres pathologies, représente un indicateur potentiel de l’intégrité neuronale dans ce contexte. Parallèlement, les protéines et nutriments issus des poissons jouent un rôle indirect dans la modulation de la santé neurologique, sans lien direct avec des protéines spécifiques comme une hypothétique “Thau”.
Une approche intégrée combinant immunologie, neurobiologie et sciences nutritionnelles est essentielle pour mieux comprendre et traiter les maladies chroniques comme la SEP.
Références (format APA, sélection 2023 et littérature récente)
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