{"id":1856,"date":"2025-05-24T23:16:34","date_gmt":"2025-05-24T21:16:34","guid":{"rendered":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/?p=1856"},"modified":"2025-05-24T23:17:28","modified_gmt":"2025-05-24T21:17:28","slug":"apparition-du-fer-metallique-et-son-integration-dans-le-cycle-des-materiaux","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/?p=1856","title":{"rendered":"APPARITION DU FER M\u00c9TALLIQUE ET SON INT\u00c9GRATION DANS LE CYCLE DES MAT\u00c9RIAUX."},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-1857\" src=\"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/konshin1-768x988-1-233x300.jpg\" alt=\"\" width=\"233\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/konshin1-768x988-1-233x300.jpg 233w, http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/konshin1-768x988-1.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 233px) 100vw, 233px\" \/><\/p>\n<p>Docteur Mikha\u00efl Mikha\u00eflovitch Konchine, docteur en philosophie dans le domaine de l&rsquo;histoire (Ph.D. en histoire)<\/p>\n<p>UDC 903, 903-03<\/p>\n<p>L&rsquo;apparition du fer m\u00e9tallurgique et son int\u00e9gration dans le circuit mat\u00e9riel.<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9 :<\/b> L&rsquo;article examine la ma\u00eetrise du fer comme un tournant dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9, qui a fondamentalement chang\u00e9 notre existence. L&rsquo;auteur estime que le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e2ge du fer est une p\u00e9riode o\u00f9 le fer commen\u00e7ait seulement \u00e0 \u00eatre introduit dans la vie de la soci\u00e9t\u00e9, o\u00f9 le savoir-faire dans le travail du fer n&rsquo;avait pas encore atteint la perfection et o\u00f9 la technologie de production \u00e9tait complexe et co\u00fbteuse.<\/p>\n<p>Diff\u00e9rentes opinions sur la d\u00e9finition des limites de l&rsquo;\u00e2ge du fer sont examin\u00e9es.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude de cette \u00e9poque permet de mieux comprendre les m\u00e9canismes du d\u00e9veloppement historique et le r\u00f4le des innovations technologiques dans la formation de la civilisation.<\/p>\n<p><b>Mots cl\u00e9s<\/b> : \u00e2ge du fer, progr\u00e8s, bond en avant de la civilisation, tragisme eschatologique, \u00e9tapes de l&rsquo;av\u00e8nement de l&rsquo;\u00e2ge du fer, bases chimiques et technologiques, r\u00e9volution industrielle, m\u00e9tallurgie primitive, m\u00e9thodes de traitement des objets en fer dans l&rsquo;Antiquit\u00e9, influence de la m\u00e9tallurgie du fer sur les processus civilisationnels, processus criard, arch\u00e9ologie.<\/p>\n<p>\u00c0 cette \u00e9poque historique o\u00f9 seuls quelques peuples et tribus poss\u00e9daient le fer, une nouvelle conception du monde, jusqu&rsquo;alors inconnue, a vu le jour. Rien n&rsquo;a autant radicalement et profond\u00e9ment chang\u00e9 la perception que l&rsquo;homme avait de sa place dans le monde que la ma\u00eetrise du fer. L&rsquo;obtention du fer et son utilisation dans la vision du monde ne peuvent \u00eatre compar\u00e9es qu&rsquo;\u00e0 la domestication du feu. Et si de nombreuses premi\u00e8res provinces m\u00e9tallurgiques ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es dans de nombreux endroits de l&rsquo;espace circumpontien, la dynamique du processus de diffusion des objets et des technologies, ses vecteurs, restent encore inaccessibles \u00e0 la science \u00e0 bien des \u00e9gards.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e2ge du fer, ou \u00e2ge de fer, est la troisi\u00e8me des macro-\u00e9poques technologiques de l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9 (apr\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de pierre et l&rsquo;\u00e2ge n\u00e9olithique et bronze). Le terme \u00ab \u00e2ge du fer ancien \u00bb d\u00e9signe g\u00e9n\u00e9ralement la premi\u00e8re p\u00e9riode de l&rsquo;\u00e2ge du fer.<\/p>\n<p>Le premier scientifique \u00e0 avoir scientifiquement fond\u00e9 le syst\u00e8me des trois \u00e2ges, ou trois \u00e9poques, fut l&rsquo;arch\u00e9ologue danois Christian J\u00fcrgensen Thomsen, qui publia en 1836 un ouvrage intitul\u00e9 \u00ab Guide des antiquit\u00e9s nordiques \u00bb.<\/p>\n<p>Cependant, l&rsquo;utilisation du terme \u00ab \u00e2ge du fer \u00bb a une longue histoire, tout comme l&rsquo;ensemble du sch\u00e9ma de division du processus historique en macro-\u00e9poques selon les noms des mati\u00e8res premi\u00e8res dominantes. On a remarqu\u00e9 depuis longtemps que cette division dans les mythologies mondiales avait \u00e0 l&rsquo;origine non seulement une base technologique directe, mais aussi une connotation philosophique et \u00e9thique, li\u00e9e avant tout \u00e0 l&rsquo;ancien paradigme de \u00ab l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or \u00bb comme \u00e8re d&rsquo;harmonie absolue, point de d\u00e9part de l&rsquo;histoire humaine. Pour la premi\u00e8re fois, une conception coh\u00e9rente de l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;humanit\u00e9 et de la p\u00e9riodisation de son histoire, fond\u00e9e sur la combinaison de facteurs culturels, technologiques, philosophiques et \u00e9thiques, a \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e par H\u00e9siode, o\u00f9 l&rsquo;aspect \u00e9thico-eschatologique domine clairement. Le c\u00e9l\u00e8bre po\u00e8te grec, qui a cr\u00e9\u00e9 au VIIIe si\u00e8cle avant J.-C., a propos\u00e9 dans son po\u00e8me \u00ab Les Travaux et les Jours \u00bb la p\u00e9riodisation suivante de l&rsquo;histoire : l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or, l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;argent, l&rsquo;\u00e2ge de bronze, puis l&rsquo;\u00e2ge de cuivre, suivi de l&rsquo;\u00e2ge des h\u00e9ros comme continuation de l&rsquo;\u00e2ge de cuivre. avant J.-C., a propos\u00e9 dans son po\u00e8me \u00ab Les Travaux et les Jours \u00bb la p\u00e9riodisation suivante de l&rsquo;histoire : l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or, l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;argent, l&rsquo;\u00e2ge de cuivre, puis l&rsquo;\u00e2ge des h\u00e9ros comme continuation de l&rsquo;\u00e2ge de cuivre et, enfin, l&rsquo;\u00e2ge de fer, contemporain du po\u00e8te, qui s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre la derni\u00e8re et la pire \u00e9tape de l&rsquo;histoire humaine, dans laquelle les hommes n&rsquo;ont \u00ab ni repos ni nuit ni jour, \u00e0 cause du travail et du chagrin \u00bb et \u00ab seuls les malheurs les plus cruels et les plus lourds resteront dans la vie des hommes \u00bb.<\/p>\n<p>Cette tradition a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e par Ovide au Ier si\u00e8cle avant J.-C. dans Les M\u00e9tamorphoses, o\u00f9 l&rsquo;imperfection \u00e9thique de l&rsquo;\u00e2ge du fer est encore plus accentu\u00e9e. Le po\u00e8te romain qualifie le fer de \u00ab pire minerai \u00bb, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la domination duquel \u00ab la honte s&rsquo;est enfuie,<\/p>\n<p>la v\u00e9rit\u00e9 et la loyaut\u00e9 ont disparu, et \u00e0 leur place sont imm\u00e9diatement apparus la tromperie, la fourberie, les intrigues, la violence et la soif maudite du profit \u00bb. La d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence morale des hommes est punie par un d\u00e9luge universel qui d\u00e9truit tout, \u00e0 l&rsquo;exception de Deucalion et Pyrrhus, qui font rena\u00eetre l&rsquo;humanit\u00e9. Ainsi, son sch\u00e9ma est le suivant : \u00e2ge d&rsquo;or, \u00e2ge d&rsquo;argent, \u00e2ge de cuivre, \u00e2ge de fer, l&rsquo;\u00e2ge de fer \u00e9tant \u00ab l&rsquo;\u00e2ge des pires penchants \u00bb. Ce n&rsquo;est pas un hasard si, chez Ovide, l&rsquo;\u00e2ge de fer est suivi de la gigantomachie, puis de la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence des hommes, du d\u00e9luge universel qui d\u00e9truit l&rsquo;humanit\u00e9 et, enfin, de la renaissance de l&rsquo;humanit\u00e9 par Deucalion et Pyrrha.<\/p>\n<p>Comme on peut le constater, l&rsquo;\u00e9valuation de l&rsquo;\u00e2ge du fer \u00e9tait particuli\u00e8rement influenc\u00e9e par l&rsquo;interrelation entre les aspects culturels et technologiques d&rsquo;une part, et les aspects philosophiques et \u00e9thiques, en particulier eschatologiques, d&rsquo;autre part. Cela est tout \u00e0 fait logique, car les concepts primaires de la p\u00e9riodisation historique ont pris leur forme d\u00e9finitive et ont \u00e9t\u00e9 consign\u00e9s dans des sources \u00e9crites pr\u00e9cis\u00e9ment au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e2ge du fer. Par cons\u00e9quent, pour les premiers auteurs qui ont cr\u00e9\u00e9 la p\u00e9riodisation de l&rsquo;histoire, les \u00e9poques technologiques pr\u00e9c\u00e9dant l&rsquo;\u00e2ge du fer (qu&rsquo;elles soient mythiques, comme l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or et l&rsquo;\u00e2ge des h\u00e9ros, ou r\u00e9elles, comme l&rsquo;\u00e2ge du cuivre) \u00e9taient un pass\u00e9 lointain ou r\u00e9cent, tandis que l&rsquo;\u00e2ge du fer lui-m\u00eame \u00e9tait le pr\u00e9sent, dont les d\u00e9fauts sont toujours plus visibles et plus tangibles. C&rsquo;est pourquoi le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e2ge du fer \u00e9tait per\u00e7u comme un tournant critique dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9. D&rsquo;o\u00f9 le tragisme eschatologique qui accompagnait le terme \u00ab \u00e2ge du fer \u00bb, cette tradition ancienne se perp\u00e9tuant dans la litt\u00e9rature moderne. En outre, le fer, qui a supplant\u00e9 le bronze principalement dans la fabrication des armes, est in\u00e9vitablement devenu un symbole de violence pour les t\u00e9moins de ce processus.<\/p>\n<p>Il semble que le c\u00e9l\u00e8bre po\u00e8te romain Titus Lucretius Carus ait \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 diviser l&rsquo;histoire en p\u00e9riodes, en se basant principalement sur des crit\u00e8res technologiques (tout en tenant compte de la tradition mythologique qu&rsquo;il critiquait). Au Ier si\u00e8cle avant J.-C., dans son po\u00e8me \u00ab De la nature des choses \u00bb, il proposa un sch\u00e9ma r\u00e9aliste de l&rsquo;\u00e9volution culturelle et technologique de l&rsquo;humanit\u00e9, de l&rsquo;\u00e2ge de pierre \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge du cuivre, puis enfin \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge du fer. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment cette id\u00e9e qui a finalement trouv\u00e9 son aboutissement logique dans les travaux de K. Yu. Tomsen et de son \u00e9l\u00e8ve Jens Jakob Vorso. Cependant, imm\u00e9diatement apr\u00e8s, s&rsquo;est pos\u00e9 le probl\u00e8me du cadre chronologique de l&rsquo;\u00e2ge du fer et de sa division interne, qui a fait l&rsquo;objet de longues discussions entre les scientifiques. L&rsquo;arch\u00e9ologue su\u00e9dois Oscar Montelius a mis un point final \u00e0 cette controverse en indiquant, d&rsquo;une part, qu&rsquo;il ne pouvait y avoir de date unique pour le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e2ge du fer sur l&rsquo;ensemble du territoire de l&rsquo;oikoum\u00e8ne et, d&rsquo;autre part, que le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e2ge du fer pour chaque r\u00e9gion devait \u00eatre calcul\u00e9 \u00e0 partir du moment o\u00f9 le fer a commenc\u00e9 \u00e0 pr\u00e9dominer dans la fabrication des armes et des outils.<\/p>\n<p>En effet, l&rsquo;av\u00e8nement de l&rsquo;\u00e2ge du fer est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d&rsquo;une longue p\u00e9riode de pr\u00e9paration \u00e0 l&rsquo;utilisation du fer, qui remonte aux \u00e9poques pr\u00e9c\u00e9dentes, principalement \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge du bronze. Au cours de cette p\u00e9riode pr\u00e9paratoire, on peut distinguer trois \u00e9tapes importantes qui ont conduit \u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement de l&rsquo;\u00e2ge du fer.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re \u00e9tape est l&rsquo;exploitation du fer m\u00e9t\u00e9orique et la fabrication des premiers objets en fer avant la d\u00e9couverte du fer m\u00e9tallif\u00e8re et du proc\u00e9d\u00e9 de r\u00e9duction \u00e0 l&rsquo;antimoine.<\/p>\n<p>En th\u00e9orie, il \u00e9tait possible d&rsquo;utiliser \u00e9galement le fer tellurique, c&rsquo;est-\u00e0-dire le fer natif terrestre (son apparition, principalement dans les roches basaltiques, s&rsquo;explique par l&rsquo;interaction des oxydes de fer avec des compos\u00e9s organiques). Mais l&rsquo;utilisation pratique du fer tellurique est impossible, car il est extr\u00eamement rare et se pr\u00e9sente sous forme de grains minuscules. Le fer m\u00e9t\u00e9oritique est beaucoup plus abondant. Les m\u00e9tallurgistes d\u00e9terminent la nature m\u00e9t\u00e9oritique de certains objets en fer par leur teneur \u00e9lev\u00e9e en nickel : si celle-ci est sup\u00e9rieure \u00e0 4 %, la mati\u00e8re premi\u00e8re est consid\u00e9r\u00e9e comme m\u00e9t\u00e9oritique, car le fer m\u00e9t\u00e9oritique contient en moyenne entre 5 et 10 % de nickel, contre 0,2 % maximum dans le fer m\u00e9tallif\u00e8re.<\/p>\n<p>En raison de sa forte teneur en nickel, la mati\u00e8re premi\u00e8re m\u00e9t\u00e9oritique \u00e9tait principalement trait\u00e9e par forgeage \u00e0 froid, comme la pierre, et servait principalement \u00e0 la fabrication de bijoux uniques. Cependant, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, un avis tout \u00e0 fait fond\u00e9 s&rsquo;est impos\u00e9 dans le monde scientifique selon lequel certains objets en fer m\u00e9t\u00e9oritique auraient \u00e9t\u00e9 obtenus par forgeage \u00e0 chaud.<\/p>\n<p>La raison de cette transition g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e vers le forgeage du fer semble \u00eatre le fait que le fer est pr\u00e9sent presque partout dans la nature, sous forme de min\u00e9raux naturels (minerais de fer). C&rsquo;est principalement ce fer \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de rouille qui \u00e9tait utilis\u00e9 dans l&rsquo;Antiquit\u00e9.<\/p>\n<p>La technologie d&rsquo;obtention du fer \u00e9tait complexe et laborieuse. Elle consistait en une s\u00e9rie d&rsquo;op\u00e9rations successives visant \u00e0 r\u00e9duire le fer \u00e0 partir de l&rsquo;oxyde \u00e0 haute temp\u00e9rature. Le principal \u00e9l\u00e9ment de la m\u00e9tallurgie du fer \u00e9tait le processus de r\u00e9duction dans un four \u00e0 cuisson humide, compos\u00e9 de pierres et d&rsquo;argile. Des tuy\u00e8res \u00e9taient ins\u00e9r\u00e9es dans la partie inf\u00e9rieure du fourneau, \u00e0 travers lesquelles l&rsquo;air n\u00e9cessaire \u00e0 la combustion du charbon \u00e9tait introduit dans le four. \u00c0 l&rsquo;int\u00e9rieur du fourneau, une temp\u00e9rature suffisamment \u00e9lev\u00e9e et une atmosph\u00e8re r\u00e9ductrice \u00e9taient cr\u00e9\u00e9es par la formation d&rsquo;oxyde de carbone. Sous l&rsquo;effet de ces conditions, la masse charg\u00e9e dans le four, compos\u00e9e principalement d&rsquo;oxydes de fer, de roche vide et de charbon br\u00fblant, subissait des transformations chimiques. Une partie des oxydes se combinait avec la roche et formait un laitier fusible, l&rsquo;autre partie \u00e9tait r\u00e9duite en fer. Le m\u00e9tal r\u00e9duit sous forme de grains s\u00e9par\u00e9s se soudaient en une masse poreuse appel\u00e9e \u00ab crite \u00bb. Il s&rsquo;agissait en fait d&rsquo;un processus chimique de r\u00e9duction qui se d\u00e9roulait sous l&rsquo;effet de la temp\u00e9rature et du monoxyde de carbone (CO). Son but \u00e9tait de r\u00e9duire le fer au cours d&rsquo;une r\u00e9action chimique. On obtenait ainsi du fer brut. Dans l&rsquo;Antiquit\u00e9, le fer n&rsquo;\u00e9tait pas fondu.<\/p>\n<p>La fonte brute n&rsquo;\u00e9tait pas encore un produit fini. \u00c0 l&rsquo;\u00e9tat chaud, elle \u00e9tait compact\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire press\u00e9e, ou forg\u00e9e. Le m\u00e9tal devenait homog\u00e8ne et dense. La fonte forg\u00e9e servait de mati\u00e8re premi\u00e8re pour la fabrication ult\u00e9rieure de divers objets. Il n&rsquo;\u00e9tait pas possible de couler des objets en fer comme on le faisait auparavant avec le bronze. Le morceau de fer obtenu \u00e9tait coup\u00e9 en morceaux, chauff\u00e9 (d\u00e9j\u00e0 dans un four ouvert) et forg\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un marteau et d&rsquo;une enclume pour obtenir les objets souhait\u00e9s. C&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 une diff\u00e9rence fondamentale entre la production de fer et la m\u00e9tallurgie du bronze. Il est clair qu&rsquo;avec une telle technologie, le forgeron jouait un r\u00f4le de premier plan, gr\u00e2ce \u00e0 son habilet\u00e9 \u00e0 forger des objets de la forme et de la qualit\u00e9 souhait\u00e9es par chauffage, forgeage et refroidissement. Le processus de cuisson du fer, qui s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 dans l&rsquo;Antiquit\u00e9, est largement connu sous le nom de \u00ab syrodotie \u00bb. Il a re\u00e7u son nom plus tard, au XIXe si\u00e8cle, lorsque l&rsquo;on a commenc\u00e9 \u00e0 souffler de l&rsquo;air chaud dans les fours \u00e0 cuve plut\u00f4t que de l&rsquo;air humide, ce qui a permis d&rsquo;atteindre des temp\u00e9ratures plus \u00e9lev\u00e9es et d&rsquo;obtenir une masse de fer liquide.<\/p>\n<p>Selon les derni\u00e8res donn\u00e9es, les premiers objets en fer sont apparus au Proche-Orient et remontent au Ve mill\u00e9naire avant J.-C. Il s&rsquo;agit d&rsquo;objets provenant d&rsquo;une s\u00e9pulture de la culture de Samarra, dans le nord de l&rsquo;Irak : 14 petits objets ressemblant \u00e0 des perles ou \u00e0 des billes sph\u00e9riques contenant 7 % de nickel, sans doute fabriqu\u00e9s \u00e0 partir de fer m\u00e9t\u00e9orique, ainsi qu&rsquo;un instrument \u00e0 quatre c\u00f4t\u00e9s qui, selon les chercheurs, aurait \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9 \u00e0 partir de minerai de fer (il s&rsquo;agit bien s\u00fbr d&rsquo;un cas exceptionnel).<\/p>\n<p>Beaucoup plus d&rsquo;objets remontent \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge du bronze ancien. Les objets en fer m\u00e9t\u00e9orique datant du IVe au IIIe mill\u00e9naire avant J.-C. proviennent d&rsquo;\u00c9gypte (en particulier les perles de Hertz, un site de la p\u00e9riode pr\u00e9dynastique, et de Meduma, un cimeti\u00e8re de la m\u00eame p\u00e9riode), ainsi que de M\u00e9sopotamie, o\u00f9 parmi les objets les plus anciens, il convient de mentionner un poignard \u00e0 lame en fer m\u00e9t\u00e9orique, avec un manche recouvert d&rsquo;or ; il provient du cimeti\u00e8re royal d&rsquo;Ur (de la tombe de Mescalamdug, datant du milieu du IIIe mill\u00e9naire avant J.-C.). Des objets en fer tr\u00e8s anciens proviennent \u00e9galement d&rsquo;Asie Mineure : il s&rsquo;agit d&rsquo;une massue m\u00e9t\u00e9orique ou d&rsquo;un pommeau provenant de Troie et datant de 2600-2400, ainsi que d&rsquo;objets provenant des s\u00e9pultures du cimeti\u00e8re d&rsquo;Aladja-G\u00fcy\u00fck datant de 2400-2100 avant J.-C. (parmi lesquels un poignard en fer avec un manche recouvert d&rsquo;or, dont la lame, auparavant consid\u00e9r\u00e9e comme m\u00e9t\u00e9oritique, a r\u00e9cemment fait l&rsquo;objet d&rsquo;une analyse m\u00e9tallographique qui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une teneur en nickel extr\u00eamement faible, ce qui plaide en faveur de sa nature min\u00e9rale ; des \u00e9pingles m\u00e9t\u00e9oritiques \u00e0 t\u00eate dor\u00e9e, un pendentif et plusieurs fragments d&rsquo;objets).<\/p>\n<p>Parmi les objets anciens les plus remarquables en fer m\u00e9t\u00e9oritique, on trouve \u00e9galement des objets c\u00e9l\u00e8bres provenant de la tombe de Tout\u00e2nkhamon, dat\u00e9e d&rsquo;environ 1375 avant J.-C. : un poignard \u00e0 lame de fer et manche en or, un insert en fer dans un bracelet en or (\u00ab \u0153il de Horus \u00bb) et de fins instruments chirurgicaux en fer ins\u00e9r\u00e9s dans une base en bois.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me \u00e9tape, la plus importante, dans le processus de ma\u00eetrise du fer a \u00e9t\u00e9 la d\u00e9couverte et le perfectionnement du proc\u00e9d\u00e9 de r\u00e9duction \u00e0 l&rsquo;oxyg\u00e8ne, qui permettait de r\u00e9cup\u00e9rer le fer \u00e0 partir des minerais. Ce processus \u00e9tait r\u00e9alis\u00e9 dans des fours sp\u00e9ciaux o\u00f9 l&rsquo;on chargeait du minerai de fer (h\u00e9matite ou magn\u00e9tite) et du charbon de bois, qui s&rsquo;enflammait sous l&rsquo;effet de l&rsquo;air \u00e0 temp\u00e9rature ambiante (d&rsquo;o\u00f9 le nom de \u00ab syrodutny \u00bb). \u00c0 l&rsquo;origine, le proc\u00e9d\u00e9 de fonderie \u00e0 cuve \u00e9tait r\u00e9alis\u00e9 dans des fosses recouvertes d&rsquo;argile r\u00e9fractaire ou dans des foyers en pierre, puis on a commenc\u00e9 \u00e0 construire des fours \u00e0 cuve en pierre ou en brique, en utilisant de l&rsquo;argile ou de la terre. Les fours \u00e0 cuisson humide pouvaient fonctionner \u00e0 l&rsquo;air naturel (en particulier s&rsquo;ils \u00e9taient construits comme de petites grottes \u00e0 flanc de colline), mais avec le d\u00e9veloppement de la m\u00e9tallurgie, on a de plus en plus souvent eu recours \u00e0 l&rsquo;injection d&rsquo;air \u00e0 l&rsquo;aide de soufflets \u00e0 travers des buses en c\u00e9ramique. Cet air p\u00e9n\u00e9trait dans les fosses ouvertes par le haut et dans les fours par une ouverture laiss\u00e9e dans la partie inf\u00e9rieure de la structure.<\/p>\n<p>On allumait d&rsquo;abord le charbon vers\u00e9 au fond du fourneau ou du four, puis on chargeait par-dessus des couches altern\u00e9es de minerai et de charbon. La combustion du charbon produisait un gaz, le monoxyde de carbone, qui, en passant \u00e0 travers la masse de minerai, r\u00e9duisait les oxydes de fer. Le processus de cuisson humide ne permettait pas d&rsquo;atteindre la temp\u00e9rature de fusion du fer (1537 degr\u00e9s Celsius), mais atteignait au maximum 1200 degr\u00e9s (il s&rsquo;agissait en quelque sorte d&rsquo;une \u00ab cuisson \u00bb du fer).<\/p>\n<p>Le fer r\u00e9duit se concentrait sous forme p\u00e2teuse au fond du four, formant ce qu&rsquo;on appelait la \u00ab crite de mine \u00bb, une masse spongieuse de fer contenant des inclusions de charbon de bois non br\u00fbl\u00e9 et de nombreuses impuret\u00e9s de scories (dans les versions plus perfectionn\u00e9es des fours \u00e0 crite, les scories liquides \u00e9taient \u00e9vacu\u00e9es du four par une goulotte). La crite, qui \u00e9tait extraite du four \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat incandescent, ne pouvait \u00eatre utilis\u00e9e pour fabriquer des objets qu&rsquo;apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9barrass\u00e9e de ses impuret\u00e9s et de sa texture spongieuse.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pourquoi le processus de fonderie \u00e0 cru \u00e9tait imm\u00e9diatement suivi d&rsquo;un forgeage \u00e0 froid et, surtout, \u00e0 chaud, qui consistait \u00e0 calciner p\u00e9riodiquement la masse en fusion et \u00e0 la marteler. On obtenait ainsi des \u00e9bauches de crite.<\/p>\n<p>Les chercheurs pensent que la d\u00e9couverte du processus de crite est le r\u00e9sultat du fait que lors de la fusion du cuivre ou du plomb \u00e0 partir de minerais dans un four de fusion, outre le minerai de cuivre et le charbon de bois, on ajoutait (comme fondants) des roches contenant du fer, principalement de l&rsquo;h\u00e9matite. Dans ce contexte, les premiers lingots pouvaient d\u00e9j\u00e0 \u00eatre obtenus lors du processus de fusion du cuivre, et il n&rsquo;est pas exclu que les fours de fusion du cuivre aient parfois acquis une seconde fonction, celle de la fusion \u00e0 la vapeur.<\/p>\n<p>Cependant, les premiers cas d&rsquo;utilisation du processus de fusion \u00e0 la vapeur sont li\u00e9s au territoire de l&rsquo;Asie occidentale, en particulier \u00e0 la Petite Asie. La production d&rsquo;articles en fer m\u00e9t\u00e9orique s&rsquo;est poursuivie.<\/p>\n<p>La d\u00e9couverte du processus de fonderie est une \u00e9tape cruciale dans l&rsquo;exploitation du fer, car contrairement au cuivre et \u00e0 l&rsquo;\u00e9tain, son minerai est pr\u00e9sent partout, mais il est beaucoup plus difficile d&rsquo;extraire le fer du minerai que le cuivre. Le processus de fusion a \u00e9t\u00e9 constamment am\u00e9lior\u00e9 : la taille des fours a \u00e9t\u00e9 augment\u00e9e, le soufflage intensifi\u00e9, etc. Mais les objets en fer ont longtemps \u00e9t\u00e9 moins r\u00e9sistants que ceux en bronze, car le fer brut ne contenait pratiquement pas de carbone et \u00e9tait donc trop mou. M\u00eame apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9barrass\u00e9 de ses scories, le fer brut n&rsquo;\u00e9tait que l\u00e9g\u00e8rement plus dur que le cuivre pur, et pour le rendre plus dur que le bronze, il fallait le forger pendant de longues heures. Il \u00e9tait donc principalement utilis\u00e9 pour la fabrication d&rsquo;ornements et de certains outils, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que des progr\u00e8s soient r\u00e9alis\u00e9s dans le traitement du fer brut.<\/p>\n<p>Ces progr\u00e8s ont consist\u00e9 en l&rsquo;apparition de la technologie de la c\u00e9mentation, c&rsquo;est-\u00e0-dire la carbonisation intentionnelle du fer, ainsi que des techniques de trempe et de revenu. La d\u00e9couverte de ces technologies peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme la troisi\u00e8me \u00e9tape du processus de ma\u00eetrise du fer, apr\u00e8s laquelle commence directement l&rsquo;\u00e2ge du fer. La c\u00e9mentation a \u00e9t\u00e9 ma\u00eetris\u00e9e en premier lieu, ce qui a \u00e9t\u00e9 obtenu au d\u00e9but en calcinant des objets ou des \u00e9bauches en fer dans du charbon de bois ; puis d&rsquo;autres substances organiques contenant du carbone ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;est apparu le premier acier, tr\u00e8s primitif. La profondeur de la carbonation \u00e9tait directement proportionnelle \u00e0 la temp\u00e9rature et \u00e0 la dur\u00e9e de chauffage du fer. Le fer carbon\u00e9 \u00e9tait plus dur que le bronze, ce qui \u00e9tait ensuite renforc\u00e9 par le forgeage \u00e0 froid.<\/p>\n<p>Par la suite, on a d\u00e9couvert l&rsquo;effet de trempe, qui consiste \u00e0 refroidir un objet en fer carbon\u00e9 chauff\u00e9 \u00e0 blanc dans de l&rsquo;eau, de la neige ou tout autre liquide, ce qui augmente consid\u00e9rablement sa duret\u00e9. M\u00eame sans utiliser de liquide, le simple fait de laisser un objet \u00e0 l&rsquo;air libre permet d&rsquo;obtenir un acier \u00e0 faible teneur en carbone et \u00e0 structure perlite, plus dur que l&rsquo;air est froid.<\/p>\n<p>Tout comme la c\u00e9mentation, le processus de trempe a probablement \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert par hasard, et sa nature physique est naturellement rest\u00e9e un myst\u00e8re pour les forgerons. C&rsquo;est pourquoi nous trouvons souvent dans les sources \u00e9crites des explications tr\u00e8s fantaisistes sur les raisons du durcissement des objets en fer lors de la trempe. Par exemple, une chronique du IXe si\u00e8cle avant J.-C. provenant du temple de Balgal en Asie Mineure prescrit la m\u00e9thode de trempe suivante : \u00ab Il faut chauffer le poignard jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il brille comme le soleil levant dans le d\u00e9sert, puis le refroidir jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il prenne la couleur pourpre royale, en le plongeant dans le corps d&rsquo;un esclave muscl\u00e9&#8230; La force de l&rsquo;esclave, passant dans le poignard&#8230; conf\u00e8re au m\u00e9tal sa duret\u00e9 \u00bb. Le c\u00e9l\u00e8bre passage de l&rsquo;Odyss\u00e9e, probablement \u00e9crit au VIIIe si\u00e8cle avant J.-C., remonte \u00e0 une \u00e9poque tout aussi ancienne : ici, le fait de br\u00fbler l&rsquo;\u0153il du cyclope avec un pieu d&rsquo;olivier chauff\u00e9 au rouge est compar\u00e9 \u00e0 l&rsquo;immersion d&rsquo;une hache ou d&rsquo;un couperet en acier chauff\u00e9 dans de l&rsquo;eau froide, et ce n&rsquo;est pas un hasard si Hom\u00e8re qualifie cette derni\u00e8re action de \u00ab traitement de la hache \u00bb \u2014 il est \u00e9vident que le m\u00e9canisme de ce ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9tait tout aussi myst\u00e9rieux pour les Grecs de l&rsquo;\u00e9poque, et peut-\u00eatre aussi magique que les actes m\u00e9dicaux.<\/p>\n<p>La ma\u00eetrise de l&rsquo;op\u00e9ration de recuit thermique a permis de r\u00e9duire la fragilit\u00e9 des produits, un d\u00e9faut inh\u00e9rent \u00e0 l&rsquo;acier tremp\u00e9. Le recuit consistait \u00e0 chauffer le produit jusqu&rsquo;\u00e0 la temp\u00e9rature de transformation de sa structure.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;ensemble, l&rsquo;am\u00e9lioration des op\u00e9rations de c\u00e9mentation, de trempe et de recuit est un processus long et tr\u00e8s complexe (il a parfois dur\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 mille ans). La plupart des chercheurs pensent que la r\u00e9gion o\u00f9 ces op\u00e9rations (ainsi que le processus de fabrication de la fonte) ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvertes pour la premi\u00e8re fois et o\u00f9 elles ont \u00e9t\u00e9 perfectionn\u00e9es le plus rapidement est l&rsquo;Asie Mineure, et plus particuli\u00e8rement la r\u00e9gion o\u00f9 vivaient les Hittites et les tribus apparent\u00e9es, principalement dans les montagnes de l&rsquo;Antitaura, o\u00f9, d\u00e8s le milieu du IIe mill\u00e9naire avant J.-C., ont commenc\u00e9 \u00e0 fabriquer des produits en acier de haute qualit\u00e9.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment le perfectionnement de la technologie de traitement du fer crud qui a r\u00e9solu le probl\u00e8me de la concurrence entre le fer et le bronze. Cela a marqu\u00e9 le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e8re du fer, dont le d\u00e9but dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9 est d\u00e9termin\u00e9 par l&rsquo;utilisation du fer m\u00e9tallif\u00e8re pour la fabrication des principaux outils et armes et par la large diffusion de la m\u00e9tallurgie du fer et de la forge.<\/p>\n<p>Naturellement, le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e2ge du fer a eu lieu \u00e0 des moments diff\u00e9rents selon les r\u00e9gions, et les dates de cet \u00e9v\u00e9nement ne peuvent \u00eatre qu&rsquo;approximatives.<\/p>\n<p>La r\u00e9gion pionni\u00e8re dans l&rsquo;exploitation du fer, o\u00f9 l&rsquo;\u00e2ge du fer a commenc\u00e9 d\u00e8s le dernier quart du IIe mill\u00e9naire avant J.-C., \u00e9tait l&rsquo;Asie Mineure (r\u00e9gion du royaume hittite) ainsi que le Moyen-Orient m\u00e9diterran\u00e9en qui lui \u00e9tait \u00e9troitement li\u00e9.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas un hasard si ce sont les Hittites et leurs voisins qui nous ont transmis les premi\u00e8res traces \u00e9crites incontestables de la production et de l&rsquo;utilisation du fer et de l&rsquo;acier. D&rsquo;apr\u00e8s les textes hittites traduits, les Hittites connaissaient d\u00e9j\u00e0 bien ce m\u00e9tal (pour eux, le fer avait une valeur plus symbolique que pratique). Dans les textes hittites, le fer est d\u00e9sign\u00e9 par le mot \u00ab ra-r-zi-lum \u00bb (lat. ferrum), et on sait que les Hittites fabriquaient des objets en fer au d\u00e9but du deuxi\u00e8me mill\u00e9naire avant notre \u00e8re. En t\u00e9moigne le texte du roi hittite Anitta (vers 1800 avant J.-C.) dans lequel il est dit : \u00ab Lorsque je partis en campagne contre la ville de Purushanda, un homme de cette ville vint se prosterner devant moi. Il m&rsquo;offrit un tr\u00f4ne de fer et un sceptre de fer en signe de soumission \u00bb.<\/p>\n<p>Dans la correspondance entre les Hittites, les Mitanni et les \u00c9gyptiens (les \u00ab archives d&rsquo;Amarna \u00bb en \u00c9gypte, archives des pharaons de la XVIIIe dynastie, datant du milieu du IIe mill\u00e9naire avant notre \u00e8re), on trouve la plus ancienne mention \u00e9crite connue \u00e0 ce jour du fer cri\u00e9, datant du XVe si\u00e8cle avant notre \u00e8re. av. J.-C. ; les tablettes hittites du XIVe au XIIIe si\u00e8cle av. J.-C. contiennent un message du roi hittite au pharaon Rams\u00e8s II lui annon\u00e7ant l&rsquo;envoi d&rsquo;un navire charg\u00e9 de \u00ab fer pur \u00bb.<\/p>\n<p>Dans la correspondance hittite-assyrienne du XIIIe si\u00e8cle avant J.-C., on trouve mention de \u00ab bon fer \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire de l&rsquo;acier ; il est int\u00e9ressant de noter que c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment au XIIIe si\u00e8cle que remonte le plus ancien objet en acier hittite d\u00e9couvert \u00e0 ce jour, une hache provenant de Hattusa.<\/p>\n<p>Sous l&rsquo;influence de l&rsquo;Asie Mineure et de la M\u00e9diterran\u00e9e orientale, \u00e0 la fin du IIe et au d\u00e9but du Ier mill\u00e9naire avant J.-C., l&rsquo;\u00e2ge du fer fait son apparition en M\u00e9sopotamie et en Iran.<\/p>\n<p>Depuis l&rsquo;Iran, la m\u00e9tallurgie noire se r\u00e9pand en Inde, o\u00f9 l&rsquo;\u00e2ge du fer commence au d\u00e9but du Ier mill\u00e9naire avant J.-C. Il existe de nombreux t\u00e9moignages \u00e9crits sur l&rsquo;exploitation du fer en Inde (tant indiens, \u00e0 partir du Rigveda, que non indiens, notamment grecs anciens).<\/p>\n<p>Sous l&rsquo;influence de l&rsquo;Iran et de l&rsquo;Inde, l&rsquo;\u00e2ge du fer fait son apparition en Asie centrale au VIIIe si\u00e8cle avant J.-C. Plus au nord, dans les steppes d&rsquo;Asie, l&rsquo;\u00e2ge du fer commence au plus t\u00f4t au VIe-Ve si\u00e8cle avant J.-C.<\/p>\n<p>En Chine, l&rsquo;\u00e2ge du fer commence au plus t\u00f4t au milieu du Ier mill\u00e9naire avant J.-C. (en raison du niveau tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 de la production de bronze, qui ne n\u00e9cessitait pas de remplacement). Mais des sources \u00e9crites (le \u00ab Yi Jing \u00bb du VIIIe si\u00e8cle avant J.-C., les commentaires sur Confucius du VIe si\u00e8cle avant J.-C.) attestent d&rsquo;une connaissance beaucoup plus ancienne du fer par les Chinois. Et pourtant, les fouilles men\u00e9es en Chine ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que seuls quelques objets en fer relativement simples datent du VIe-Ve si\u00e8cle avant J.-C., tandis que le IVe-IIIe si\u00e8cle avant J.-C. a vu une augmentation spectaculaire du nombre, de la gamme et de la r\u00e9partition des objets en fer. La principale m\u00e9thode de fabrication des objets en fer \u00e9tait manifestement le moulage, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;en Chine, malgr\u00e9 l&rsquo;arriv\u00e9e relativement tardive de l&rsquo;\u00e2ge du fer, les technologies de pointe ont rapidement \u00e9t\u00e9 atteintes et la production de fonte et de pi\u00e8ces moul\u00e9es en fonte a commenc\u00e9.<\/p>\n<p>De Chine, la m\u00e9tallurgie des m\u00e9taux ferreux s&rsquo;est progressivement \u00e9tendue \u00e0 l&rsquo;Indochine et \u00e0 l&rsquo;Indon\u00e9sie, o\u00f9 l&rsquo;\u00e2ge du fer a commenc\u00e9 au tournant de l&rsquo;\u00e8re chr\u00e9tienne. En Cor\u00e9e, l&rsquo;\u00e2ge du fer a d\u00e9but\u00e9 \u00e0 la fin du Ier mill\u00e9naire avant J.-C., et au Japon, aux IIIe-IIe si\u00e8cles avant J.-C.<\/p>\n<p>En Europe, les techniques de fabrication du fer se sont r\u00e9pandues \u00e0 la fin du IIe mill\u00e9naire avant J.-C. dans les \u00eeles de la mer \u00c9g\u00e9e et en Gr\u00e8ce europ\u00e9enne, o\u00f9 l&rsquo;\u00e2ge du fer a commenc\u00e9 vers le Xe si\u00e8cle avant J.-C. \u00c0 partir de cette \u00e9poque, en Gr\u00e8ce, les morts \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement enterr\u00e9s avec des \u00e9p\u00e9es en fer. L&rsquo;utilisation du fer est \u00e9galement tr\u00e8s pr\u00e9sente dans les textes grecs anciens, en particulier dans l&rsquo;Iliade et l&rsquo;Odyss\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans le reste de l&rsquo;Europe, en dehors de la civilisation grecque, l&rsquo;\u00e2ge du fer commence plus tard : aux VIIIe-VIIe si\u00e8cles avant J.-C. en Europe occidentale et centrale, ainsi que dans les steppes d&rsquo;Europe orientale et dans le Caucase du Nord ; aux VIIe-VIe si\u00e8cles avant J.-C. en Europe du Sud-Ouest ; aux Ve-IVe si\u00e8cles avant J.-C. en Grande-Bretagne ; \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e8re chr\u00e9tienne en Europe du Nord.<\/p>\n<p>Il convient de noter que les Proto-M\u00e9ders, \u00e0 l&rsquo;instar d&rsquo;autres tribus du Caucase, du Nord-Caucase et de la r\u00e9gion de la mer Noire, ont ma\u00eetris\u00e9 la fabrication d&rsquo;armes et d&rsquo;objets en fer bien avant les peuples d&rsquo;Europe du Nord. L&rsquo;origine des objets en fer provenant des monuments les plus anciens de la r\u00e9gion nord de la mer Noire est peut-\u00eatre li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;importation et \u00e0 la production locale, localis\u00e9e pr\u00e8s des gisements miniers des territoires habit\u00e9s ou des r\u00e9gions voisines.<\/p>\n<p>En Afrique, l&rsquo;\u00e2ge du fer s&rsquo;est \u00e9tabli tr\u00e8s t\u00f4t sur la c\u00f4te m\u00e9diterran\u00e9enne (au VIe si\u00e8cle avant J.-C.), et surtout en \u00c9gypte, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des pharaons de la 26e dynastie (653-525). Cependant, certains pensent que l&rsquo;\u00e2ge du fer en \u00c9gypte a commenc\u00e9 d\u00e8s le IXe si\u00e8cle avant J.-C. Au VIe si\u00e8cle avant J.-C., l&rsquo;\u00e2ge du fer commence en Nubie et au Soudan, ainsi que dans l&rsquo;une des r\u00e9gions d&rsquo;Afrique centrale (zone de la \u00ab culture Nok \u00bb).<\/p>\n<p>Enfin, ce n&rsquo;est qu&rsquo;au milieu du IIe mill\u00e9naire apr\u00e8s J.-C., avec l&rsquo;arriv\u00e9e des Europ\u00e9ens, que l&rsquo;\u00e2ge du fer fait son apparition en Am\u00e9rique, en Australie et dans les \u00eeles du Pacifique.<\/p>\n<p>La fin de l&rsquo;\u00e2ge du fer ancien et le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e2ge du fer tardif sont g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9s \u00e0 l&rsquo;effondrement de la civilisation antique et \u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement du Moyen \u00c2ge. Outre l&rsquo;aspect civilisationnel, cette approche tient \u00e9galement compte des indicateurs purement technologiques, car c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment au Moyen \u00c2ge que la m\u00e9tallurgie des m\u00e9taux ferreux atteint un niveau qualitativement nouveau : on commence \u00e0 vraiment fondre le fer, et non plus \u00e0 le cuire comme auparavant, en utilisant pour cela du charbon de bois et de la chaleur, et non plus de l&rsquo;air froid (ceci ne s&rsquo;est toutefois produit qu&rsquo;au d\u00e9but du IIe mill\u00e9naire apr\u00e8s J.-C., la Chine faisant exception \u00e0 cette r\u00e8gle, comme nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9).<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e2ge du fer, les opinions divergent, mais on peut consid\u00e9rer que l&rsquo;\u00e2ge du fer s&rsquo;est poursuivi jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9volution industrielle, voire jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours, car le fer et ses d\u00e9riv\u00e9s (acier, fonte) restent aujourd&rsquo;hui encore les principaux mat\u00e9riaux de construction.<\/p>\n<p><b><strong>BIBLIOGRAPHIE :<\/strong><\/b><\/p>\n<p>1. Abramishvili R. M. Sur la question de l&rsquo;exploitation du fer en G\u00e9orgie orientale, VGMG, XXII-B, 1961.<\/p>\n<p>2. Avdusin D.A. Fondements de l&rsquo;arch\u00e9ologie \/ D.A. Avdusin. \u2014 M., 1989<\/p>\n<p>3. Albov M.N. Exploration des gisements de min\u00e9raux utiles. M. : Nedra, -1975<\/p>\n<p>4. Amzarakov P.B., Vasiliev S.A., Korneva T.V., Polyakov A.V. \u00c9tudes de la 1\u00e8re \u00e9quipe de l&rsquo;exp\u00e9dition de Sayan de l&rsquo;IIMK RAN sur le site Irba-2 en 2015 \/\/ Bulletin de l&rsquo;Institut d&rsquo;histoire de la culture mat\u00e9rielle de l&rsquo;Acad\u00e9mie russe des sciences (arch\u00e9ologie de sauvegarde). N\u00b0 6. Saint-P\u00e9tersbourg : Periferija, 2017. p. 138-150.<\/p>\n<p>5. Anfimov N.V. Les M\u00e8otes et leur interaction avec le Bosphore \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des Spartocides \u2013 Dans le livre Soci\u00e9t\u00e9 antique, Moscou, 1967<\/p>\n<p>6. Ardjinba V.G. Sur l&rsquo;histoire du culte du fer et de la forge (le culte de la forge chez les Abkhazes) \/\/ L&rsquo;Orient ancien : liens ethnoculturels. Moscou, 1988.<\/p>\n<p>7. Artamonov M.I. Les Cimm\u00e9riens et les Scythes. Moscou, 2017<\/p>\n<p>8. Artamonov M. I. Le peuple \u00e9lin et le peuple iranien dans le nord de la r\u00e9gion de la mer Noire. Moscou : Lomonosov, 2017<\/p>\n<p>9. Artamonov M. I. Ethnographie de la Scythie UZLGU.ser.ist.na.1949. n\u00b0 13<\/p>\n<p>10. Arch\u00e9ologie : manuel \/ sous la direction de V. L. Yanina. \u2014 M., 2006<\/p>\n<p>11. Viktorova V. D., Morozov V. M. Le Moyen-Zaouralgie \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e2ge du fer \/\/ Les nomades des steppes de l&rsquo;Oural et du Kazakhstan. Ekaterinbourg : UIF \u00ab Nauka \u00bb, 1993. p. 173-192.<\/p>\n<p>12. Histoire mondiale : Cultures primitives et civilisations de l&rsquo;Antiquit\u00e9 \/ A.N. Badak, I.E. Vo\u00efnich, N.M. Volchek [et al.]. \u2014 Minsk, 2007.<\/p>\n<p>13. Giorgadze G.G., Production et utilisation du fer en Anatolie centrale d&rsquo;apr\u00e8s les textes cun\u00e9iformes hittites \/\/ Le Moyen-Orient ancien : liens ethnoculturels. Moscou, 1988.<\/p>\n<p>14. Godeonovsky N.B. \u2013 Le secret de l&rsquo;acier damass\u00e9. Rostov-sur-le-Don 2010 \u00ab Phoenix \u00bb<\/p>\n<p>15. Grakov B.N. L&rsquo;art de la fonderie et de la forge chez les Scythes \u2013 KSIIMK n\u00b0 XXII, 1948<\/p>\n<p>16. Grakov B.N. Le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e2ge du fer. Les cultures de l&rsquo;Europe occidentale et du sud-est \/ B.N. Grakov. \u2014 Moscou, 1997<\/p>\n<p>17. Domanski R. Ya. Le creuset des peuples \/\/ Rodina, 1997, n\u00b0 5.<\/p>\n<p>18. Koryakova L.N. Arch\u00e9ologie du d\u00e9but de l&rsquo;\u00e2ge du fer en Eurasie : manuel : en 3 parties \/ L.N. Koryakova. \u2014 Ekaterinbourg, 2002. \u2014 Partie 1.<\/p>\n<p>19. Martynov A.I. Arch\u00e9ologie : manuel. \/ A.I. Martynov. M. : \u00c9cole sup\u00e9rieure. \u2014 1996.-415 p.<\/p>\n<p>20. Matyushin G.N. Dictionnaire arch\u00e9ologique \/ G.N. Matyushin. \u2014 M., 1996<\/p>\n<p>21. Oparin A.A. \u00ab Histoire mondiale et proph\u00e9ties de la Bible \u00bb. Chapitre \u00ab L&rsquo;\u00c9tat philistin \u00bb \/\/ Monographie. \u2014 Kharkov : Fakt, 1997<\/p>\n<p>22. Tchougounov K.V., Nagler A., Partzinger G. Arzhan 2 : mat\u00e9riaux de l&rsquo;\u00e9poque de bronze \/\/ Recueil d&rsquo;Okoun\u00e9v : la culture et son environnement. N\u00b0 2. Saint-P\u00e9tersbourg : Elexis Print. p. 303-311.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Docteur Mikha\u00efl Mikha\u00eflovitch Konchine, docteur en philosophie dans le domaine de l&rsquo;histoire (Ph.D. en histoire)&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1859,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[17],"tags":[],"class_list":["post-1856","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-histoire"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1856","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1856"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1856\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1860,"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1856\/revisions\/1860"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1859"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1856"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1856"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1856"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}