{"id":1343,"date":"2024-04-08T12:36:03","date_gmt":"2024-04-08T10:36:03","guid":{"rendered":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/?p=1343"},"modified":"2024-04-08T12:46:19","modified_gmt":"2024-04-08T10:46:19","slug":"interrelations-psychosomatiques-des-maladies-gastriques-2","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/?p=1343","title":{"rendered":"EXPLORER LES ASPECTS PSYCHOLOGIQUES DE L&rsquo;INFERTILIT\u00c9"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1346\" src=\"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/kovalenko1-201x300.jpg\" alt=\"\" width=\"230\" height=\"343\" srcset=\"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/kovalenko1-201x300.jpg 201w, http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/kovalenko1.jpg 653w\" sizes=\"auto, (max-width: 230px) 100vw, 230px\" \/><\/p>\n<p>Kovalenko N.P. &#8211; Docteur en sciences p\u00e9dagogiques, professeur \u00e0 la IUFS -MUFO,<br \/>\nDoyen de l&rsquo;Institut des sciences humaines de la Baltique, Pr\u00e9sident de l&rsquo;ARPPM.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-1347\" src=\"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/darmograi-001sm4-234x300.jpg\" alt=\"\" width=\"234\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/darmograi-001sm4-234x300.jpg 234w, http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/darmograi-001sm4.jpg 464w\" sizes=\"auto, (max-width: 234px) 100vw, 234px\" \/><\/p>\n<p>Darmograi N.V. &#8211; Docteur en sciences m\u00e9dicales, membre honoraire de l&rsquo;Association pour le d\u00e9veloppement de la psychologie et de la m\u00e9decine p\u00e9rinatales (ARPPM), pr\u00e9sident de l&rsquo;ARPPM.<br \/>\np\u00e9rinatale (ARPPM), professeur au IUFS &#8211; MUFO.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1348\" src=\"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/naku33sm-216x300.jpg\" alt=\"\" width=\"232\" height=\"322\" srcset=\"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/naku33sm-216x300.jpg 216w, http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/naku33sm.jpg 467w\" sizes=\"auto, (max-width: 232px) 100vw, 232px\" \/><br \/>\nNaku E.A. &#8211; Docteur en psychologie, repr\u00e9sentant r\u00e9gional de l&rsquo;ARPPM.<br \/>\nrepr\u00e9sentant r\u00e9gional de l&rsquo;ARPPM<\/p>\n<p>RECHERCHE SUR LES ASPECTS PSYCHOLOGIQUES DE L&rsquo;INFERTILIT\u00c9<\/p>\n<p>L&rsquo;infertilit\u00e9 est aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9e comme un syndrome commun impliquant des causes psychologiques et physiologiques. De nombreux couples estiment que le traitement de l&rsquo;infertilit\u00e9 constitue une contrainte psychologique majeure et que le syst\u00e8me de sant\u00e9 ne fait pas grand-chose pour att\u00e9nuer ce stress psychologique. Environ la moiti\u00e9 des femmes qui suivent un traitement contre la st\u00e9rilit\u00e9 consid\u00e8rent que l&rsquo;infertilit\u00e9 est l&rsquo;exp\u00e9rience la plus stressante de leur vie, contre 15 % des hommes qui suivent le m\u00eame traitement.<\/p>\n<p>Cette constatation est corrobor\u00e9e par une enqu\u00eate internationale men\u00e9e aupr\u00e8s de femmes en attente d&rsquo;un traitement par FIV. Elle a montr\u00e9 que ces femmes pr\u00e9sentaient des sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs quatre fois plus \u00e9lev\u00e9s que les femmes d&rsquo;un groupe t\u00e9moin n&rsquo;ayant pas de probl\u00e8mes de fertilit\u00e9. En outre, leurs scores en mati\u00e8re d&rsquo;attractivit\u00e9 personnelle, d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9, de m\u00e9moire et de concentration \u00e9taient \u00e9galement moins bons que ceux du groupe de contr\u00f4le. Ils ont \u00e9galement constat\u00e9 que les femmes infertiles pr\u00e9sentaient un niveau de d\u00e9pression deux fois plus \u00e9lev\u00e9 que le groupe de femmes t\u00e9moins. En outre, ils ont constat\u00e9 que les femmes infertiles depuis 2 ou 3 ans pr\u00e9sentaient les niveaux de d\u00e9pression les plus \u00e9lev\u00e9s par rapport \u00e0 celles qui avaient connu des probl\u00e8mes pendant moins d&rsquo;un an ou plus de six ans. Cela montre qu&rsquo;au d\u00e9part, l&rsquo;espoir d&rsquo;une issue positive peut prot\u00e9ger les femmes contre les sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs, et qu&rsquo;une longue histoire de traitement de l&rsquo;infertilit\u00e9 peut ensuite accro\u00eetre les sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs chez les femmes dont le traitement a \u00e9chou\u00e9. Cependant, apr\u00e8s 6 ans, les femmes s&rsquo;habituent \u00e0 leur statut et cela peut les prot\u00e9ger des sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs.<\/p>\n<p>Les niveaux d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 et de d\u00e9pression observ\u00e9s chez les femmes infertiles sont comparables \u00e0 ceux observ\u00e9s chez les femmes atteintes d&rsquo;un cancer ou du syndrome de l&rsquo;intestin irritable, mais inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux observ\u00e9s chez les femmes souffrant de syndromes de douleur chronique ou du VIH.<\/p>\n<p>Voies neuro-immuno-endocrinologiques reliant les facteurs psychologiques \u00e0 l&rsquo;infertilit\u00e9<br \/>\nLe domaine de la psychoneuroimmunologie explique en partie les m\u00e9canismes biologiques qui relient les facteurs psychologiques aux \u00e9tats physiologiques et \u00e0 l&rsquo;infertilit\u00e9.<\/p>\n<p>Deux grandes voies neuroendocrinologiques expriment les effets des facteurs psychologiques (par exemple, le stress, la d\u00e9pression) sur le syst\u00e8me reproducteur. L&rsquo;axe hypophyso-surr\u00e9nalien (axe HPA ou HGH) s\u00e9cr\u00e8te l&rsquo;hormone de lib\u00e9ration corticotrophique (CRH) \u00e0 partir de l&rsquo;hypothalamus, l&rsquo;hormone adr\u00e9nocorticotrope (ACTH) \u00e0 partir de l&rsquo;hypophyse et le cortisol \u00e0 partir du cortex surr\u00e9nalien. L&rsquo;axe hypothalamo-hypophyso-surr\u00e9nalien est un ensemble complexe d&rsquo;influences directes et d&rsquo;interactions en retour entre trois composants : l&rsquo;hypothalamus, l&rsquo;hypophyse (une structure en forme de pois situ\u00e9e sous le thalamus) et les glandes surr\u00e9nales.<\/p>\n<p>Ces organes et leurs interactions constituent le syst\u00e8me hypothalamo-hypophyso-surr\u00e9nalien (HHS), dont la principale t\u00e2che neuroendocrinienne est de contr\u00f4ler la r\u00e9ponse au stress et de r\u00e9guler de nombreux processus corporels, notamment la digestion, le syst\u00e8me immunitaire, l&rsquo;humeur et les \u00e9motions, la sexualit\u00e9, ainsi que les r\u00e9serves et les d\u00e9penses d&rsquo;\u00e9nergie. C&rsquo;est le m\u00e9canisme global d&rsquo;interaction entre les glandes, les hormones et certaines parties du m\u00e9senc\u00e9phale qui est \u00e0 l&rsquo;origine du syndrome d&rsquo;adaptation global.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me sympathoadr\u00e9nergique (SAM) est impliqu\u00e9 dans la s\u00e9cr\u00e9tion, induite par le stress, de nor\u00e9pin\u00e9phrine par le tronc c\u00e9r\u00e9bral et d&rsquo;adr\u00e9naline par la m\u00e9dullosurr\u00e9nale. Les d\u00e9riv\u00e9s de la proopiom\u00e9lanocortine (POMC) provenant de l&rsquo;hypophyse inhibent le contr\u00f4le hypothalamique du syst\u00e8me gonadotrope. En outre, les glucocortico\u00efdes tels que le cortisol suppriment \u00e9galement la fonction de reproduction. Chez les femmes, l&rsquo;exc\u00e8s de cortisol entra\u00eene une augmentation des taux d&rsquo;hormones sexuelles m\u00e2les (androg\u00e8nes). Lorsque les androg\u00e8nes sont \u00e9lev\u00e9s, l&rsquo;ovulation est perturb\u00e9e, ce qui peut entra\u00eener un dysfonctionnement sexuel et reproductif, dont la cons\u00e9quence est l&rsquo;infertilit\u00e9. Le stress et les modifications de l&rsquo;axe HGH affectent l&rsquo;axe hypothalamo-hypophyso-gonadique (HPG), ce qui se traduit par des modifications du comportement sexuel et des taux d&rsquo;hormone lut\u00e9inisante (LH) et d&rsquo;hormone de lib\u00e9ration de l&rsquo;hormone lut\u00e9inisante (LHRH). Le cortisol et les peptides d\u00e9riv\u00e9s de la proopiom\u00e9lanocortine (POMC) et de l&rsquo;hormone de lib\u00e9ration corticotrophique (CRH) perturbent l&rsquo;effet activateur des gonadotrophines sur la synth\u00e8se des st\u00e9ro\u00efdes sexuels, ce qui entra\u00eene leur r\u00e9duction. Ceci explique les effets inhibiteurs du syst\u00e8me hypophyso-surr\u00e9nalien sur l&rsquo;axe hypothalamo-hypophyso-gonadique. Cet effet semble se manifester de mani\u00e8re particuli\u00e8rement forte pendant le stress chronique que repr\u00e9sente l&rsquo;infertilit\u00e9 et est m\u00e9di\u00e9 en partie par les hormones de stress dans le cerveau.<\/p>\n<p>Une \u00e9tude (Csemiczky et al.) a montr\u00e9 que les niveaux de cortisol \u00e9taient plus \u00e9lev\u00e9s tout au long du traitement chez les femmes infertiles que chez les femmes fertiles. Cependant, les taux de cortisol s\u00e9rique mesur\u00e9s au cours de l&rsquo;\u00e9tude ne permettaient pas de d\u00e9terminer clairement le r\u00e9sultat du traitement de FIV de la patiente [12]. Une autre \u00e9tude (Demyttenaere et al., 1992) a montr\u00e9 que le cortisol test\u00e9 imm\u00e9diatement avant la reconjugaison des ovocytes et le transfert d&#8217;embryons permettait de pr\u00e9dire l&rsquo;issue de la FIV. La principale diff\u00e9rence entre ces deux \u00e9tudes est que la premi\u00e8re a mesur\u00e9 les niveaux de cortisol pendant la p\u00e9riode initiale de \u00ab\u00a0repos\u00a0\u00bb et que la seconde les a mesur\u00e9s dans le contexte de la proc\u00e9dure de FIV, qui peut \u00eatre tr\u00e8s stressante. Il se peut donc que le cortisol au repos ne soit pas important, mais que la r\u00e9activit\u00e9 au cortisol induite par le stress soit importante pour pr\u00e9dire les r\u00e9sultats en mati\u00e8re de fertilit\u00e9.<br \/>\nCertains \u00e9l\u00e9ments indiquent que l&rsquo;ocytocine est impliqu\u00e9e dans les liens entre le stress psychosocial et l&rsquo;infertilit\u00e9. On pense que l&rsquo;ocytocine joue un r\u00f4le crucial dans la vie sociale. De nombreuses \u00e9tudes montrent que l&rsquo;ocytocine augmente sous l&rsquo;effet des \u00e9motions positives et du contact physique (par exemple, les massages). Cette augmentation de l&rsquo;ocytocine dans le sang est en corr\u00e9lation avec l&rsquo;absence de stress interpersonnel signal\u00e9e par les femmes. En outre, l&rsquo;ocytocine module le transport des spermatozo\u00efdes dans les voies g\u00e9nitales f\u00e9minines (Turner R.A., 1999).<br \/>\nEnfin, les effets n\u00e9gatifs du stress sur les gonades peuvent r\u00e9sulter en partie des effets de renforcement du stress et de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e sur les niveaux s\u00e9riques de facteur de n\u00e9crose tumorale (TNF) et sur l&rsquo;activit\u00e9 des cellules tueuses naturelles (NK). Le TNF peut induire l&rsquo;apoptose des cellules ovariennes. En outre, des niveaux \u00e9lev\u00e9s d&rsquo;activit\u00e9 des cellules NK ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s \u00e0 la fois dans les fausses couches r\u00e9currentes inexpliqu\u00e9es et chez les femmes souffrant d&rsquo;infertilit\u00e9 idiopathique. Une m\u00e9ta-analyse des \u00e9tudes qui ont \u00e9valu\u00e9 le r\u00f4le des cellules NK dans les r\u00e9sultats de la FIV n&rsquo;a pas montr\u00e9 de diff\u00e9rences significatives dans les taux de naissances vivantes chez les femmes pr\u00e9sentant des niveaux \u00e9lev\u00e9s de cellules NK ou d&rsquo;activit\u00e9 des cellules NK par rapport aux femmes ne pr\u00e9sentant pas de niveaux \u00e9lev\u00e9s de cellules NK p\u00e9riph\u00e9riques ou d&rsquo;activit\u00e9 des cellules NK (Seshadri S., 2013).<\/p>\n<p>Ainsi, les facteurs psychologiques tels que la d\u00e9pression, les \u00e9tats d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 induits par le stress et \u00e9ventuellement les changements dans le rythme cardiaque et le cortisol sont des facteurs pr\u00e9dictifs de la diminution de la probabilit\u00e9 d&rsquo;obtenir une grossesse viable avec divers traitements de l&rsquo;infertilit\u00e9.<br \/>\nCes voies, ainsi que la recherche sur l&rsquo;association entre les facteurs psychologiques et l&rsquo;infertilit\u00e9, fournissent une base scientifique pour tester les interventions psychophysiologiques visant \u00e0 r\u00e9guler ces r\u00e9ponses au stress. En outre, nous avons \u00e9lucid\u00e9 une image holistique de l&rsquo;interaction entre le stress, les hormones de fertilit\u00e9 et les r\u00e9sultats en mati\u00e8re de fertilit\u00e9.<br \/>\nFacteurs (sociaux, personnels, clinico-biologiques) affectant le bien-\u00eatre psychologique des femmes pendant le traitement de l&rsquo;infertilit\u00e9 par ART<\/p>\n<p>Il est tr\u00e8s important de pr\u00eater attention aux facteurs qui influencent le succ\u00e8s des techniques de procr\u00e9ation assist\u00e9e (PPA). En intervenant de mani\u00e8re appropri\u00e9e sur certains de ces facteurs, le taux de r\u00e9ussite peut \u00eatre si \u00e9lev\u00e9 que les r\u00e9sultats de la FIV peuvent \u00eatre am\u00e9lior\u00e9s de mani\u00e8re significative. Il existe de nombreuses preuves que les facteurs affectant l&rsquo;\u00e9tat psychophysiologique des femmes peuvent influencer les r\u00e9sultats des techniques de procr\u00e9ation assist\u00e9e. Les connaissances actuelles sur l&rsquo;impact des effets combin\u00e9s de plusieurs facteurs sur les r\u00e9sultats de la procr\u00e9ation m\u00e9dicalement assist\u00e9e sont consid\u00e9rables. Il est n\u00e9cessaire d&rsquo;explorer les facteurs qui affectent le corps de la femme \u00e0 la fois psychologiquement et physiologiquement pendant le traitement de la st\u00e9rilit\u00e9 par FIV.<\/p>\n<p>Diff\u00e9rents facteurs affectent les femmes infertiles qui suivent un traitement de procr\u00e9ation assist\u00e9e. Ces facteurs sont les suivants<br \/>\n1. Les facteurs sociaux<br \/>\n2. les facteurs personnels<br \/>\n3. Les facteurs cliniques et biologiques<br \/>\nChacun de ces facteurs affecte l&rsquo;\u00e9tat psycho-\u00e9motionnel et physiologique d&rsquo;un couple infertile qui suit un traitement de procr\u00e9ation assist\u00e9e. Des \u00e9tudes montrent que le corps de la femme est beaucoup plus sollicit\u00e9 que celui de l&rsquo;homme. En outre, 50 % des femmes infertiles consid\u00e8rent l&rsquo;infertilit\u00e9 comme le probl\u00e8me le plus difficile de leur vie, et le traitement de l&rsquo;infertilit\u00e9 est donc un facteur de stress majeur dans leur vie. L&rsquo;importance de la douleur r\u00e9sultant de l&rsquo;infertilit\u00e9, selon leur description, est \u00e9quivalente \u00e0 la douleur psychologique des patients souffrant de maladies mortelles telles que le cancer et les maladies cardiovasculaires (Karaca A., Unsal G., 2015).<br \/>\nExaminons de plus pr\u00e8s chacun des facteurs.<br \/>\nLes facteurs sociaux<br \/>\nIl existe de nombreuses \u00e9tudes sur la fa\u00e7on dont les facteurs sociaux affectent le bien-\u00eatre psychologique des femmes infertiles qui suivent un traitement de procr\u00e9ation assist\u00e9e. Il s&rsquo;agit principalement de la pression exerc\u00e9e par les proches, les coll\u00e8gues de travail et les amis. Les probl\u00e8mes de sant\u00e9 reproductive et le stress psycho-\u00e9motionnel qui y est associ\u00e9 ne sont pas seulement autodestructeurs et socio-destructeurs par nature, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;ils d\u00e9truisent le monde int\u00e9rieur d&rsquo;une personne (sa sant\u00e9 physique et mentale) et perturbent ses interactions interpersonnelles (intrafamiliales), mais ils sont \u00e9galement dans une relation d\u00e9terministe les uns avec les autres.<\/p>\n<p>L&rsquo;infertilit\u00e9 n&rsquo;est pas seulement un probl\u00e8me m\u00e9dical ou psychologique, mais aussi un probl\u00e8me social d\u00fb \u00e0 l&rsquo;incapacit\u00e9 de jouer l&rsquo;un des r\u00f4les sociaux les plus importants, celui de parent. Le traitement de l&rsquo;infertilit\u00e9 par FIV est une question tr\u00e8s controvers\u00e9e du point de vue de la conscience sociale. Pour des raisons culturelles et sociales ainsi que des croyances religieuses, avoir des enfants est un facteur tr\u00e8s important approuv\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 (Karaca A., Unsal G., 2015). Malheureusement, un grand nombre de personnes d\u00e9sapprouvent le traitement de la fertilit\u00e9 par les techniques de procr\u00e9ation assist\u00e9e, justifiant leur choix par une \u00ab\u00a0conception non naturelle\u00a0\u00bb. Cette opinion publique, contrairement \u00e0 ses avantages \u00e0 bien des \u00e9gards, exacerbe le probl\u00e8me de l&rsquo;infertilit\u00e9. De nombreux couples refusent d&rsquo;\u00eatre trait\u00e9s pour infertilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aide de la technologie moderne, simplement parce qu&rsquo;ils craignent le jugement social (Adashi E.Y., 2000).<\/p>\n<p>Pendant le traitement de l&rsquo;infertilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aide des techniques de procr\u00e9ation assist\u00e9e, les femmes sont soumises \u00e0 un stress \u00e9norme en raison de la stigmatisation sociale. L&rsquo;expression \u00ab\u00a0b\u00e9b\u00e9-\u00e9prouvette\u00a0\u00bb a une connotation n\u00e9gative, qui affecte certainement l&rsquo;\u00e9tat psychologique et constitue un facteur n\u00e9gatif affectant le r\u00e9sultat du traitement de la st\u00e9rilit\u00e9.<br \/>\nL&rsquo;\u00c9glise conseille aux croyants orthodoxes confront\u00e9s au probl\u00e8me de l&rsquo;infertilit\u00e9 de se rappeler qu&rsquo;avoir des enfants est un objectif important, mais pas le seul, du mariage. Si un mari ou une femme ne parvient pas \u00e0 concevoir un enfant et que les m\u00e9thodes th\u00e9rapeutiques et chirurgicales de traitement de l&rsquo;infertilit\u00e9 ne l&rsquo;aident pas, il est recommand\u00e9 d&rsquo;accepter le diagnostic ou d&rsquo;adopter des enfants.<br \/>\nLe point de vue de l&rsquo;\u00c9glise sur l&rsquo;ins\u00e9mination artificielle est ambigu et plus n\u00e9gatif. La FIV est autoris\u00e9e du point de vue religieux si elle ne diff\u00e8re pas fondamentalement de la conception naturelle. Cela signifie que la FIV est r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir des cellules du mari et de la femme, et non de donneurs, et que tous les embryons qui en r\u00e9sultent sont plant\u00e9s dans la femme, et non congel\u00e9s et d\u00e9truits, car cela peut \u00eatre assimil\u00e9 \u00e0 un meurtre (Tarabrin R., 2015). D&rsquo;un point de vue m\u00e9dical, cette mesure est pratiquement impossible \u00e0 mettre en \u0153uvre, car l&rsquo;infertilit\u00e9 peut \u00eatre de nature diff\u00e9rente et avoir des causes multiples.<br \/>\nL&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 acquise dans le corps d&rsquo;une femme entra\u00eene une production accrue de cortisol, l&rsquo;hormone du stress, et une augmentation des cellules NK dans le s\u00e9rum. Tous ces facteurs affectent les r\u00e9sultats du traitement ART (Tarabusi M, Volpe A, 2004).<br \/>\nFacteurs li\u00e9s \u00e0 la personnalit\u00e9<\/p>\n<p>La forte pr\u00e9valence des troubles psychiatriques chez les femmes infertiles, ainsi que le r\u00f4le significatif des interventions psychologiques dans l&rsquo;augmentation des chances de succ\u00e8s du traitement et de la grossesse chez les femmes infertiles, appellent plus que jamais \u00e0 pr\u00eater attention aux cons\u00e9quences personnelles de l&rsquo;infertilit\u00e9 qui affectent le patient pendant le traitement (Frederiksen Y, Farver-Vestergaard I. 2015).<br \/>\nLes femmes infertiles se caract\u00e9risent par une labilit\u00e9 \u00e9motionnelle, des pens\u00e9es intrusives, un sentiment de culpabilit\u00e9, une rationalisation des \u00e9v\u00e9nements et une rudesse des \u00e9motions, qui refl\u00e8tent la dur\u00e9e de l&rsquo;incertitude de la vie. On peut noter que les femmes infertiles sont plus souvent caract\u00e9ris\u00e9es par des manifestations de personnalit\u00e9 telles que la suppression des \u00e9motions, le refus de communiquer sur leurs probl\u00e8mes par peur d&rsquo;\u00eatre mal comprises ou inad\u00e9quates dans la perception des autres. L&rsquo;\u00e9tat \u00e9motionnel le plus courant est la honte, le chagrin, la tristesse et la nostalgie, contrairement aux patientes qui n&rsquo;ont pas de probl\u00e8mes de reproduction. Pendant le traitement, les femmes infertiles peuvent \u00e9prouver de la honte pour de nombreuses raisons : devant les autres \u00e0 cause de leur maladie, devant leurs parents et leurs conjoints \u00e0 cause de leur incapacit\u00e9 \u00e0 porter et \u00e0 donner naissance \u00e0 un enfant en bonne sant\u00e9, et devant elles-m\u00eames \u00e0 cause de leur maladie.<br \/>\nLes patients diagnostiqu\u00e9s infertiles en cours de traitement expriment \u00e9galement un niveau significatif d&rsquo;attitude critique envers eux-m\u00eames, une faible acceptation de soi, une faible estime de soi, un faible niveau de confiance dans leurs sentiments, leurs \u00e9motions et leurs pens\u00e9es. Cela affecte certainement les r\u00e9sultats du traitement par FIV. Souvent, ces femmes ont presque perdu la capacit\u00e9 de ressentir du plaisir dans la vie, ont un niveau r\u00e9duit d&rsquo;autod\u00e9termination dans la vie. Les patientes montrent une diminution, une d\u00e9valuation de l&rsquo;interaction sociale, une perte d&rsquo;int\u00e9r\u00eat professionnel. Contrairement aux femmes en bonne sant\u00e9, les femmes infertiles n&rsquo;ont pas assez de force pour d\u00e9velopper des relations conjugales. Souvent, elles pr\u00e9sentent des difficult\u00e9s au niveau domestique et intime-personnel, la femme elle-m\u00eame \u00e9prouvant un autre sentiment de culpabilit\u00e9 face \u00e0 son conjoint, car elle pense qu&rsquo;elle doit maintenir et d\u00e9velopper des relations conjugales (Omani-Samani R, Maroufizadeh S., 2018).<\/p>\n<p>Souvent, une grande partie de la vie de ces femmes est consacr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;attente d&rsquo;une issue favorable de la grossesse ou \u00e0 la recherche d&rsquo;un traitement alternatif. Ainsi, la situation d&rsquo;attente constante, de tension et d&rsquo;incertitude a un impact n\u00e9gatif sur le comportement, l&rsquo;interaction sociale, l&rsquo;\u00e9tat \u00e9motionnel et la personnalit\u00e9 de la femme, ce qui a des cons\u00e9quences au niveau physiologique de l&rsquo;organisme et peut affecter le r\u00e9sultat du traitement de l&rsquo;infertilit\u00e9 par ART.<\/p>\n<p>Facteurs cliniques et biologiques<br \/>\nLes traitements de fertilit\u00e9 sont g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s s\u00fbrs, mais toutes les proc\u00e9dures m\u00e9dicales comportent un certain risque d&rsquo;effets secondaires potentiels. Les effets secondaires de la FIV peuvent inclure des r\u00e9actions aux hormones de fertilit\u00e9 prises pendant la pr\u00e9paration du pr\u00e9l\u00e8vement d&rsquo;ovules. Il existe \u00e9galement un faible risque de complications rares au cours des proc\u00e9dures de pr\u00e9l\u00e8vement d&rsquo;ovules et de transfert d&#8217;embryons. Ces facteurs cliniques et biologiques affectent le bien-\u00eatre psychologique et physique du corps d&rsquo;une femme. Examinons ensuite les facteurs clinico-biologiques (Bunting L, Tsibulsky I, 2013 ; Maroufizadeh S, 2019).<\/p>\n<p>&#8211; Douleurs ou h\u00e9matomes dus aux injections<br \/>\nLors de l&rsquo;induction de l&rsquo;ovulation dans le cadre d&rsquo;une FIV, des m\u00e9dicaments de fertilit\u00e9 injectables sont utilis\u00e9s pour stimuler les ovaires afin qu&rsquo;ils produisent plusieurs ovules. Il arrive que les femmes ressentent des douleurs, des ecchymoses ou des douleurs au niveau des sites d&rsquo;injection.<br \/>\n&#8211; Naus\u00e9es<br \/>\nLes naus\u00e9es constituent un autre effet secondaire physique de la FIV. Certaines femmes souffrent \u00e9galement de vomissements, mais cela est moins fr\u00e9quent.<br \/>\n&#8211; Douleurs au niveau des seins<br \/>\nLes douleurs mammaires sont souvent un effet secondaire des m\u00e9dicaments de fertilit\u00e9. Elle est similaire \u00e0 la sensibilit\u00e9 que certaines femmes ressentent avant ou pendant leur cycle menstruel.<br \/>\n&#8211; Ballonnement abdominal<br \/>\nIl s&rsquo;agit d&rsquo;un autre effet secondaire que de nombreuses femmes connaissent pendant leur cycle menstruel. Cela est d\u00fb au fait que les hormones utilis\u00e9es pour stimuler le d\u00e9veloppement des ovules sont les m\u00eames que celles utilis\u00e9es pendant les r\u00e8gles normales, mais elles sont pr\u00e9sentes en plus grande quantit\u00e9 pendant les traitements de fertilit\u00e9, ce qui provoque un ballonnement abdominal.<br \/>\n&#8211; Bouff\u00e9es de chaleur<br \/>\nCertaines femmes rapportent que les traitements hormonaux de fertilit\u00e9 provoquent des bouff\u00e9es de chaleur.<br \/>\n&#8211; Sautes d&rsquo;humeur<br \/>\nLes m\u00e9dicaments hormonaux peuvent provoquer des changements \u00e9motionnels tels que des sautes d&rsquo;humeur. L&rsquo;irritabilit\u00e9, l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 ou un sentiment g\u00e9n\u00e9ral de d\u00e9pression peuvent survenir lors de la prise de m\u00e9dicaments de fertilit\u00e9.<br \/>\n&#8211; Fatigue<br \/>\nLa fatigue peut \u00eatre un effet secondaire de la FIV. Elle peut \u00eatre due \u00e0 des changements hormonaux provoqu\u00e9s par la prise de m\u00e9dicaments de fertilit\u00e9. D&rsquo;autres sympt\u00f4mes physiques, tels que les bouff\u00e9es de chaleur, peuvent \u00e9galement perturber le sommeil et entra\u00eener de la fatigue. Cela affecte d\u00e9finitivement l&rsquo;humeur et l&rsquo;\u00e9tat psychologique de la femme en g\u00e9n\u00e9ral (Maroufizadeh S, 2019).<br \/>\n&#8211; R\u00e9actions allergiques<br \/>\nCertaines femmes pr\u00e9sentent des r\u00e9actions allergiques aux injections. Il peut s&rsquo;agir de sympt\u00f4mes tels que des d\u00e9mangeaisons ou des rougeurs de la peau aux points d&rsquo;injection.<br \/>\n&#8211; Syndrome d&rsquo;hyperstimulation ovarienne (SHO)<br \/>\nLe syndrome d&rsquo;hyperstimulation ovarienne (SHO) est une complication iatrog\u00e8ne des techniques de procr\u00e9ation assist\u00e9e. Ce syndrome se caract\u00e9rise par une hypertrophie kystique des ovaires et un d\u00e9placement de liquide de l&rsquo;espace intravasculaire vers le troisi\u00e8me espace en raison d&rsquo;une perm\u00e9abilit\u00e9 capillaire accrue et d&rsquo;une n\u00e9oangiogen\u00e8se ovarienne. Son apparition d\u00e9pend de l&rsquo;administration de gonadotrophine chorionique humaine (hCG). Le RCIU est extr\u00eamement rare en l&rsquo;absence d&rsquo;administration de hCG. Son effet sur l&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral de la patiente peut \u00eatre tr\u00e8s n\u00e9faste et des d\u00e9c\u00e8s ont parfois \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s (Golan A, Ron-el R, Herman A, 2011).<br \/>\nLa physiopathologie du SGY est inconnue, mais le processus est associ\u00e9 \u00e0 une perm\u00e9abilit\u00e9 vasculaire accrue dans la zone entourant les ovaires et leur syst\u00e8me vasculaire. L&rsquo;essentiel r\u00e9side dans l&rsquo;\u00e9quilibre entre les facteurs pro-angiog\u00e9niques et anti-angiog\u00e9niques pr\u00e9sents dans le liquide folliculaire. La \u03b2-HCG et ses analogues, l&rsquo;\u0153strog\u00e8ne, l&rsquo;\u0153stradiol, la prolactine, l&rsquo;histamine et les prostaglandines sont impliqu\u00e9s dans la SHNG, mais on comprend de mieux en mieux que les substances vasoactives telles que les interleukines, le facteur de n\u00e9crose tumorale (TNF)-\u03b1, l&rsquo;endoth\u00e9line-1 et le VEGF s\u00e9cr\u00e9t\u00e9s par les ovaires sont impliqu\u00e9s dans l&rsquo;augmentation de la perm\u00e9abilit\u00e9 vasculaire [19 ; 33].<br \/>\n&#8211; Douleur pelvienne et abdominale l\u00e9g\u00e8re<br \/>\nPendant ou apr\u00e8s la phase de pr\u00e9l\u00e8vement des ovules de la FIV, vous pouvez ressentir des douleurs pelviennes ou abdominales l\u00e9g\u00e8res \u00e0 mod\u00e9r\u00e9es. Certaines femmes d\u00e9crivent cette douleur comme des crampes. Cette douleur est g\u00e9n\u00e9ralement suffisamment l\u00e9g\u00e8re pour \u00eatre trait\u00e9e avec des analg\u00e9siques en vente libre et dispara\u00eet un jour ou deux apr\u00e8s la proc\u00e9dure.<br \/>\n&#8211; Infection pelvienne<br \/>\nLes infections des organes pelviens sont \u00e9galement un risque pendant les phases de pr\u00e9l\u00e8vement des ovules et de transfert des embryons de la FIV, mais elles sont tr\u00e8s rares. Certains m\u00e9decins prescrivent des antibiotiques avant et apr\u00e8s les proc\u00e9dures pour pr\u00e9venir les infections, mais ce n&rsquo;est pas le cas pour tout le monde.<br \/>\n&#8211; Naissances multiples<br \/>\nAvec la FIV, le risque de grossesse avec plus d&rsquo;un enfant est plus \u00e9lev\u00e9. Ce risque augmente lorsque plus d&rsquo;un embryon est transf\u00e9r\u00e9. Les grossesses multiples augmentent le risque d&rsquo;accouchement pr\u00e9matur\u00e9, d&rsquo;hypertension art\u00e9rielle, de diab\u00e8te gestationnel et de n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une c\u00e9sarienne.<br \/>\n&#8211; Stress \u00e9motionnel<br \/>\nDe nombreuses personnes connaissent un grand succ\u00e8s avec la FIV, mais tous les cycles ne se terminent pas par une grossesse. Si une patiente ne tombe pas enceinte apr\u00e8s le cycle, cela peut \u00eatre terriblement frustrant. De plus, comme le souligne l&rsquo;American Society for Reproductive Medicine (ARM), bien que la FIV n&rsquo;augmente pas le risque de fausse couche, mettre fin \u00e0 une grossesse apr\u00e8s un processus intensif peut \u00eatre encore plus douloureux (Maroufizadeh S, Navid B, 2019).<br \/>\nD&rsquo;apr\u00e8s ce qui pr\u00e9c\u00e8de, de nombreux facteurs affectent de diverses mani\u00e8res l&rsquo;\u00e9tat psychophysiologique des femmes pendant la p\u00e9riode de traitement de l&rsquo;infertilit\u00e9 par les techniques de procr\u00e9ation assist\u00e9e. Ces facteurs sont notamment d&rsquo;ordre social, personnel et clinico-biologique. Il convient de noter que chaque groupe de facteurs a une signification particuli\u00e8re et que tous les facteurs sont li\u00e9s les uns aux autres d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre.<br \/>\nLes facteurs sociaux comprennent les pressions exerc\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9, la famille ou la religion, les facteurs personnels comprennent les sentiments int\u00e9rieurs de la femme li\u00e9s \u00e0 sa maladie, et les facteurs cliniques et biologiques prennent en compte les risques des proc\u00e9dures pendant le traitement et les r\u00e9actions physiologiques naturelles qui aggravent l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;organisme en tant que syst\u00e8me global.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes visant \u00e0 clarifier les \u00e9tats psychophysiologiques des femmes pendant la grossesse apr\u00e8s l&rsquo;utilisation de m\u00e9thodes de procr\u00e9ation assist\u00e9e disposent d&rsquo;un large \u00e9ventail d&rsquo;informations en raison de l&rsquo;individualit\u00e9 de chaque cas. Il ne fait aucun doute que l&rsquo;\u00e9tat \u00e9motionnel et physique des femmes change au cours du traitement ART.<\/p>\n<p>Changements psychologiques pendant la FIV<br \/>\nDes chercheurs ont compar\u00e9 les facteurs de personnalit\u00e9 de couples con\u00e7us apr\u00e8s une FIV et de couples con\u00e7us naturellement et ont constat\u00e9 des r\u00e9actions \u00e9motionnelles diff\u00e9rentes \u00e0 la grossesse. \u00c0 partir de leurs recherches, les auteurs ont sugg\u00e9r\u00e9 que les femmes qui ont recours \u00e0 la FIV peuvent avoir besoin d&rsquo;un soutien \u00e9motionnel au d\u00e9but de la grossesse, ce qui est li\u00e9 au stress psycho-\u00e9motionnel caus\u00e9 par l&rsquo;\u00e9chec \u00e9ventuel de la grossesse. De m\u00eame, dans une \u00e9tude similaire, les chercheurs ont recommand\u00e9 qu&rsquo;un soutien psychologique soit apport\u00e9 aux patients dont l&rsquo;infertilit\u00e9 leur cause beaucoup de stress et augmente la quantit\u00e9 de cortisol dans leur sang (Schmidt L, Holstein BE, 2003).<br \/>\nChangements hormonaux et physiologiques pendant le traitement de FIV<\/p>\n<p>Une autre \u00e9tude (Lebedko, 2013) a fourni des informations sur la gestion de la grossesse et de l&rsquo;accouchement chez les patientes enceintes par FIV, en tenant compte de l&rsquo;\u00e9valuation de l&rsquo;\u00e9tat clinique et psychologique des femmes pendant la grossesse. Les auteurs ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une proportion \u00e9lev\u00e9e de complications de la grossesse et de l&rsquo;accouchement chez les femmes enceintes apr\u00e8s l&rsquo;utilisation de la FIV &#8211; 93,62%. Le nombre de grossesses multiples (57,44 %) et de naissances pr\u00e9matur\u00e9es (38,3 %) a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 pris en compte, ce qui est plus \u00e9lev\u00e9 que le nombre total de naissances. Dans les grossesses uniques et multiples, le groupe FIV a pr\u00e9sent\u00e9 une proportion significativement plus \u00e9lev\u00e9e de menaces d&rsquo;avortement (77,5 % ; 94,4 %, respectivement) et d&rsquo;insuffisance cervicale isthmique (82,5 % ; 87 %), de troubles du flux sanguin ut\u00e9roplacentaire et f\u0153to-placentaire (20 % ; 27,8 %), la fr\u00e9quence des troubles critiques dans les grossesses multiples \u00e9tant d&rsquo;environ 40 %.<\/p>\n<p>La grossesse s&rsquo;est compliqu\u00e9e d&rsquo;une gestose 4 fois plus souvent que pour l&rsquo;ensemble des naissances. Les h\u00e9morragies dues au placenta praevia ou au d\u00e9collement \u00e9taient 3,8 fois plus fr\u00e9quentes. La majorit\u00e9 des femmes enceintes du groupe FIV ont accouch\u00e9 par c\u00e9sarienne et les complications postop\u00e9ratoires \u00e9taient significativement plus \u00e9lev\u00e9es que chez les patientes n&rsquo;ayant pas eu recours \u00e0 la FIV. Les complications apr\u00e8s l&rsquo;accouchement par voie naturelle \u00e9taient un tiers plus \u00e9lev\u00e9es dans les grossesses multiples que dans le groupe de contr\u00f4le. Dans le groupe des femmes ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&rsquo;une FIV, une an\u00e9mie a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e dans la p\u00e9riode postop\u00e9ratoire chez la moiti\u00e9 d&rsquo;entre elles, ce qui est nettement plus \u00e9lev\u00e9 que chez les patientes enceintes sans FIV, o\u00f9 cet indicateur repr\u00e9sentait environ un quart de l&rsquo;ensemble des r\u00e9sultats. En outre, le traitement des patientes \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital apr\u00e8s l&rsquo;accouchement a \u00e9t\u00e9 plus long que dans le groupe oppos\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les scores de bien-\u00eatre, d&rsquo;humeur et d&rsquo;activit\u00e9 \u00e9taient significativement plus bas dans le groupe FIV \u00e0 tous les stades de la grossesse et du post-partum que dans les groupes appari\u00e9s (patientes non FIV). On a constat\u00e9 une forte diminution du bien-\u00eatre et de l&rsquo;activit\u00e9 en dessous des valeurs normales, par rapport \u00e0 la situation des femmes en travail qui n&rsquo;ont pas eu recours \u00e0 la FIV. Cela peut indiquer une fatigue accumul\u00e9e, \u00e0 la fois avant les proc\u00e9dures de procr\u00e9ation assist\u00e9e et pendant la grossesse elle-m\u00eame, et m\u00eame apr\u00e8s l&rsquo;ach\u00e8vement de la grossesse. Les valeurs obtenues pour les niveaux d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 situationnelle et de personnalit\u00e9 dans le groupe des femmes ayant eu recours \u00e0 la FIV \u00e9taient assez \u00e9lev\u00e9es et significativement plus \u00e9lev\u00e9es que dans les groupes oppos\u00e9s. On peut noter que le niveau \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 persiste apr\u00e8s l&rsquo;ach\u00e8vement de la grossesse [4].<\/p>\n<p>Lors de la FIV, les ovocytes et les embryons sont expos\u00e9s \u00e0 un niveau supraphysiologique d&rsquo;\u0153stradiol, produit par les ovaires en r\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;injection de gonadotrophines. Les niveaux de facteur de croissance de l&rsquo;endoth\u00e9lium vasculaire (VEGF) sont \u00e9galement \u00e9lev\u00e9s chez l&rsquo;homme et la souris \u00e0 la suite d&rsquo;une stimulation ovarienne et peuvent avoir un effet n\u00e9gatif sur la placentation. En outre, les gam\u00e8tes femelles et m\u00e2les sont manipul\u00e9s lors du pr\u00e9l\u00e8vement des ovocytes et de la culture des embryons, exposant ainsi les gam\u00e8tes et les embryons \u00e0 un environnement alt\u00e9r\u00e9 \u00e0 la p\u00e9riode la plus pr\u00e9coce et peut-\u00eatre la plus vuln\u00e9rable. Ces changements dans l&rsquo;environnement des gam\u00e8tes peuvent potentiellement contribuer \u00e0 des alt\u00e9rations conduisant \u00e0 des r\u00e9sultats p\u00e9rinataux d\u00e9favorables.<br \/>\nLes cons\u00e9quences n\u00e9fastes pour la m\u00e8re comprennent les troubles hypertendus de la grossesse, le diab\u00e8te gestationnel et l&rsquo;accouchement pr\u00e9matur\u00e9.<br \/>\nLes troubles hypertensifs de la grossesse comprennent l&rsquo;hypertension gestationnelle, la pr\u00e9-\u00e9clampsie et l&rsquo;\u00e9clampsie. Une m\u00e9ta-analyse analysant 15 \u00e9tudes portant sur 12 923 grossesses par FIV\/ICSI a compar\u00e9 les grossesses uniques par FIV\/ICSI aux grossesses non assist\u00e9es et a constat\u00e9 que la pr\u00e9sence de troubles hypertensifs dans les grossesses par FIV\/ICSI \u00e9tait plus importante que dans les grossesses non assist\u00e9es. La m\u00eame \u00e9tude a montr\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de diff\u00e9rence significative dans l&rsquo;incidence des troubles hypertensifs de la grossesse entre les grossesses g\u00e9mellaires FIV\/ICSI et les grossesses g\u00e9mellaires non assist\u00e9es. La similitude de l&rsquo;incidence des troubles hypertensifs dans les grossesses g\u00e9mellaires FIV\/ICSI et les grossesses non assist\u00e9es est probablement due au fait que les grossesses g\u00e9mellaires, quel que soit le mode de conception, pr\u00e9sentent un risque accru de d\u00e9velopper ces troubles. L&rsquo;association entre les troubles hypertensifs et les grossesses par FIV est difficile \u00e0 \u00e9tablir \u00e9tant donn\u00e9 que les femmes qui subissent une FIV peuvent \u00eatre plus \u00e2g\u00e9es et pr\u00e9senter d&rsquo;autres comorbidit\u00e9s, telles que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), qui peuvent avoir motiv\u00e9 le traitement de l&rsquo;infertilit\u00e9. Dans les \u00e9tudes examin\u00e9es, le groupe de contr\u00f4le \u00e9tait appari\u00e9 selon l&rsquo;\u00e2ge et excluait l&rsquo;influence de l&rsquo;\u00e2ge maternel, mais les comorbidit\u00e9s n&rsquo;\u00e9taient pas prises en compte (Pandey S, Shetty A, Hamilton M, 2012).<\/p>\n<p>Le diab\u00e8te gestationnel (DG) a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9 en tant que cons\u00e9quence des grossesses par FIV, car il pr\u00e9dispose \u00e0 un risque plus \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;hypertension pendant la grossesse, de macrosomie f\u0153tale, d&rsquo;accouchement chirurgical et de c\u00e9sarienne. Une incidence accrue de diab\u00e8te gestationnel a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e dans les grossesses con\u00e7ues \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un traitement antir\u00e9troviral. Une \u00e9tude transversale portant sur 215 grossesses non assist\u00e9es et 145 grossesses uniques avec ART a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que l&rsquo;incidence du DG parmi les grossesses FIV\/ICSI \u00e9tait 43 % plus \u00e9lev\u00e9e que parmi les grossesses non assist\u00e9es (Ashrafi M, Gosili R, 2014).<br \/>\nIl existe un risque accru de naissance pr\u00e9matur\u00e9e chez les b\u00e9b\u00e9s con\u00e7us apr\u00e8s une FIV. Des \u00e9tudes sugg\u00e8rent que les proc\u00e9dures de procr\u00e9ation assist\u00e9e peuvent contribuer au risque de naissance pr\u00e9matur\u00e9e dans les grossesses uniques, mais que le risque peut \u00eatre r\u00e9duit dans le cadre d&rsquo;un transfert d&#8217;embryons congel\u00e9s\/d\u00e9congel\u00e9s. Certains facteurs de risque de naissance pr\u00e9matur\u00e9e, tels que l&rsquo;\u00e2ge maternel plus \u00e9lev\u00e9 et des facteurs comportementaux comme le tabagisme, peuvent faire partie du risque observ\u00e9 chez les patientes infertiles. Le transfert d&#8217;embryons congel\u00e9s\/d\u00e9congel\u00e9s peut r\u00e9duire le risque car il reproduit plus fid\u00e8lement le contexte hormonal d&rsquo;une grossesse ind\u00e9pendante et l&rsquo;impact potentiel des niveaux \u00e9lev\u00e9s d&rsquo;\u0153stradiol sur le placenta est \u00e9vit\u00e9 (Sullivan-Pyke CS, 2017).<\/p>\n<p>Ainsi, les r\u00e9sultats maternels ind\u00e9sirables affectant son \u00e9tat psychophysiologique associ\u00e9s \u00e0 la FIV comprennent les troubles hypertensifs de la grossesse, le diab\u00e8te gestationnel et l&rsquo;accouchement pr\u00e9matur\u00e9. Le risque de grossesses multiples dans le cadre de la FIV est le principal moteur de ces r\u00e9sultats, mais d&rsquo;autres m\u00e9canismes sont activement \u00e9tudi\u00e9s. L&rsquo;\u00e9tat psychologique des femmes est tr\u00e8s pr\u00e9caire : les femmes qui ont recours \u00e0 la FIV peuvent avoir besoin d&rsquo;un soutien psychologique en raison du stress psycho-\u00e9motionnel.<br \/>\nPour compenser les manifestations n\u00e9gatives de la sph\u00e8re psycho-\u00e9motionnelle, nous proposons des programmes de psychocorrection utilisant les m\u00e9thodes de la psychoth\u00e9rapie des ressources (Kovalenko N.P.), bas\u00e9es sur les r\u00e9sultats de la recherche dans le domaine de la psychologie p\u00e9rinatale. L&rsquo;utilisation de programmes de psychocorrection am\u00e9liore consid\u00e9rablement l&rsquo;\u00e9tat des femmes enceintes et des femmes se pr\u00e9parant \u00e0 la FIV et augmente la probabilit\u00e9 de porter et de donner naissance \u00e0 un enfant.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Kovalenko N.P. &#8211; Docteur en sciences p\u00e9dagogiques, professeur \u00e0 la IUFS -MUFO, Doyen de l&rsquo;Institut&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1352,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-1343","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-medecine"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1343","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1343"}],"version-history":[{"count":5,"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1343\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1353,"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1343\/revisions\/1353"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1352"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1343"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1343"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1343"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}