{"id":1220,"date":"2024-01-31T00:16:41","date_gmt":"2024-01-30T22:16:41","guid":{"rendered":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/?p=1220"},"modified":"2024-01-31T00:21:42","modified_gmt":"2024-01-30T22:21:42","slug":"1220","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/?p=1220","title":{"rendered":"LA VIOLENCE EST UNE FOLIE"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-1221\" src=\"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/izueitov-congress-300x253.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"253\" srcset=\"http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/izueitov-congress-300x253.jpg 300w, http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/izueitov-congress-1024x863.jpg 1024w, http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/izueitov-congress-768x647.jpg 768w, http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/izueitov-congress-1536x1294.jpg 1536w, http:\/\/scientifiquesfrancais.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/izueitov-congress-2048x1726.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>Grand docteur en philosophie, docteur en sciences philologiques, professeur, acad\u00e9micien A.N. Jesuitov.<\/p>\n<p>La violence est une folie<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La philosophie de l&rsquo;interaction (\u00ab\u00a0bialisme\u00a0\u00bb) (PV) est essentiellement une philosophie d&rsquo;un monde sans violence. En m\u00eame temps, le ph\u00e9nom\u00e8ne et le concept lui-m\u00eame doivent \u00eatre \u00e9tudi\u00e9s d&rsquo;un point de vue philosophique afin de r\u00e9v\u00e9ler leur signification th\u00e9orique et pratique et d&rsquo;\u00e9tablir leur application pratique r\u00e9elle.<br \/>\nDe nos jours, la violence fait couler beaucoup d&rsquo;encre et de salive, et elle ne cesse de se manifester dans la r\u00e9alit\u00e9. En m\u00eame temps, certaines personnes reconnaissent et affirment la violence comme un ph\u00e9nom\u00e8ne positif et significatif, voire utile \u00e0 la vie des gens. D&rsquo;autres rejettent la violence de mani\u00e8re inconditionnelle et sans \u00e9quivoque. Cependant, les uns et les autres interpr\u00e8tent la violence en tant que ph\u00e9nom\u00e8ne et concept de mani\u00e8re tr\u00e8s subjective et \u00e9clectique, vague et inexacte, et ne l&rsquo;expliquent d&rsquo;aucune mani\u00e8re. Or, pour accepter ou rejeter quelque chose, il est n\u00e9cessaire de comprendre clairement ce qui est accept\u00e9 et ce qui est rejet\u00e9. Il en va de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat r\u00e9el d&rsquo;une personne, de tout le monde.<br \/>\nLa r\u00e9p\u00e9tition fr\u00e9quente et constante du mot \u00ab\u00a0violence\u00a0\u00bb en tant que ph\u00e9nom\u00e8ne et concept ne rendra pas les choses plus claires et plus pr\u00e9cises. Ce qu&rsquo;il faut, c&rsquo;est une compr\u00e9hension et une explication philosophiques de la violence. C&rsquo;est ce que le FV tentera de faire.<br \/>\nTout d&rsquo;abord, il est n\u00e9cessaire d&rsquo;expliquer la signification des termes utilis\u00e9s par le FV.<br \/>\nL&rsquo;esprit d\u00e9signe la capacit\u00e9 fondamentale de l&rsquo;homme \u00e0 penser. L&rsquo;esprit d\u00e9signe la capacit\u00e9 naturelle de l&rsquo;homme \u00e0 penser, \u00e0 conna\u00eetre et \u00e0 comprendre.<br \/>\nL&rsquo;esprit existe \u00e9galement au sens large en tant que ph\u00e9nom\u00e8ne naturel particulier. L&rsquo;esprit implique le choix d&rsquo;un objectif et sa r\u00e9alisation. L&rsquo;objectif et la mani\u00e8re de l&rsquo;atteindre peuvent \u00eatre tr\u00e8s diff\u00e9rents. Au sens large, comme le montrent les exp\u00e9riences scientifiques, les microbes peuvent devenir \u00ab\u00a0altruistes\u00a0\u00bb, c\u00e9dant leur vie aux individus les plus forts, et les photons peuvent devenir \u00ab\u00a0intelligents\u00a0\u00bb, certains d&rsquo;entre eux provenant d&rsquo;un faisceau de quanta tombant imm\u00e9diatement dans des trous de l&rsquo;\u00e9cran qui se trouve devant eux.<br \/>\nLa raison d\u00e9signe la capacit\u00e9 d&rsquo;un \u00eatre humain \u00e0 penser raisonnablement et sobrement, la capacit\u00e9 \u00e0 comprendre la r\u00e9alit\u00e9 telle qu&rsquo;elle est. Homo sapiens signifie une personne qui raisonne, et non une personne rationnelle.<br \/>\nEn r\u00e9sumant les termes utilis\u00e9s dans divers dictionnaires modernes, nous pouvons dire que la violence est traditionnellement d\u00e9finie comme l&rsquo;utilisation anarchique de la coercition sous forme de force physique, sous diverses formes et \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de n&rsquo;importe qui, jusqu&rsquo;\u00e0 la terreur, \u00e0 des fins d&rsquo;acquisition et de conqu\u00eate. Pour FV, cette d\u00e9finition de la violence comporte de nombreuses inexactitudes et incongruit\u00e9s.<br \/>\nDu point de vue du SF, la violence est, par essence, l&rsquo;interaction de principes mat\u00e9riels (physiques) et spirituels, que l&rsquo;on r\u00e9alise consciemment dans la vie en for\u00e7ant quelqu&rsquo;un mat\u00e9riellement (force physique) et spirituellement. Dans ce cas, la force elle-m\u00eame est form\u00e9e par l&rsquo;interaction des principes mat\u00e9riels et spirituels, le r\u00f4le le plus important \u00e9tant jou\u00e9 par le d\u00e9but spirituel. La violence en tant que coercition (mat\u00e9rielle et spirituelle) ne peut \u00eatre l\u00e9gale en principe. La coercition a un contenu particulier et diff\u00e9rentes formes d&rsquo;expression. L&rsquo;expression extr\u00eame de la violence en tant qu&rsquo;interaction de principes mat\u00e9riels et spirituels est la terreur en tant qu&rsquo;interaction des m\u00eames principes. La violence entra\u00eene des souffrances mat\u00e9rielles et spirituelles dans leur interaction. Le but de la violence est d&rsquo;attaquer et de conserver ce qui a \u00e9t\u00e9 saisi par la violence. La violence a des sources externes et internes, g\u00e9n\u00e9tiques et fonctionnelles, \u00e0 son tour en tant qu&rsquo;interaction de principes mat\u00e9riels et spirituels, le principe spirituel jouant le r\u00f4le le plus important et le plus d\u00e9terminant. Il est faux de penser que seuls les barbares et les sauvages ont recours \u00e0 la violence. On peut dire que la civilisation les a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9s dans l&rsquo;usage de la violence sous diff\u00e9rentes formes.<br \/>\nLa violence n&rsquo;a pas de mesures restrictives a priori pour l&rsquo;influence r\u00e9elle, mat\u00e9rielle et spirituelle, comme la coercition, mat\u00e9rielle et spirituelle, \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;homme. Elle est v\u00e9ritablement illimit\u00e9e dans sa manifestation concr\u00e8te et dans son impact. La violence militaire et toute violence arm\u00e9e sont particuli\u00e8rement dangereuses pour la vie.<\/p>\n<p>Chaque violence engendre une nouvelle violence. Cela peut durer tr\u00e8s longtemps. Celui qui est temporairement vaincu par la violence de quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre s&rsquo;efforcera lui-m\u00eame de vaincre le vainqueur temporaire par sa propre violence. Cela se r\u00e9p\u00e8te jusqu&rsquo;\u00e0 ce que les parties adverses soient compl\u00e8tement an\u00e9anties. La violence en tant que probl\u00e8me final et irr\u00e9vocable doit \u00eatre abandonn\u00e9e en tant qu&rsquo;illusion, et plus vite elle sera abandonn\u00e9e, mieux ce sera pour l&rsquo;humanit\u00e9. L&rsquo;engagement des \u00ab\u00a0faiseurs de paix\u00a0\u00bb qui croient pouvoir vaincre la violence est trompeur. Ce n&rsquo;est pas sans raison que l&rsquo;on dit que \u00ab\u00a0l&rsquo;apaisement\u00a0\u00bb m\u00e8ne toujours \u00e0 la guerre. Il en acc\u00e9l\u00e8re m\u00eame le d\u00e9but.<br \/>\nLa folie en tant que ph\u00e9nom\u00e8ne et concept est actuellement trait\u00e9e de mani\u00e8re tr\u00e8s \u00e9clectique et sans aucune corr\u00e9lation, et encore moins interaction, avec un concept et un ph\u00e9nom\u00e8ne tels que la violence.<br \/>\nLa folie est consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;ali\u00e9nation mentale, la perte de la raison et du jugement, l&rsquo;insouciance, la d\u00e9mence, l&rsquo;absence d&rsquo;esprit, le manque d&rsquo;esprit, les actes insens\u00e9s.<br \/>\nFW estime que la folie est un \u00e9tat spirituel particulier qui, dans certaines conditions, objectives et subjectives, peut appara\u00eetre chez une personne, un point de r\u00e9f\u00e9rence interne sp\u00e9cifique qui dirige et d\u00e9termine le comportement d&rsquo;une personne, ses actions.<br \/>\nLa folie est traditionnellement consid\u00e9r\u00e9e comme la perte de la capacit\u00e9 de l&rsquo;intellect humain \u00e0 penser de mani\u00e8re logique et cr\u00e9ative, \u00e9tape la plus importante du processus cognitif d&rsquo;une personne. FV estime que lorsque la violence domine le processus de pens\u00e9e, les diff\u00e9rentes facult\u00e9s de l&rsquo;individu s&rsquo;accordent int\u00e9rieurement \u00e0 la violence et la renforcent.<br \/>\nUne folie particuli\u00e8re peut frapper les personnes sensibles \u00e0 toute violence. On peut devenir fou \u00e0 cause du chagrin caus\u00e9 par la violence.<br \/>\nDans le cas de la folie, on dit souvent \u00ab\u00a0il a perdu la t\u00eate\u00a0\u00bb. La folie am\u00e8ne une personne au-del\u00e0 de sa propre nature. C&rsquo;est la violence qui est \u00e0 l&rsquo;origine de cette folie.<br \/>\nLa folie n&rsquo;est pas un trouble mental qui peut faire l&rsquo;objet d&rsquo;un traitement psychoth\u00e9rapeutique et psychiatrique. La folie fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la perte du sens du danger. Dans la folie, le danger est per\u00e7u comme une peur.<br \/>\nLa folie qui interagit organiquement avec la violence n&rsquo;est pas trait\u00e9e par la m\u00e9decine clinique.<br \/>\nLa folie est particuli\u00e8rement li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;intellect, \u00e0 sa d\u00e9formation. L&rsquo;esprit, en tant que capacit\u00e9 de penser, est en principe pr\u00e9serv\u00e9 m\u00eame dans la folie, bien que sous une forme sp\u00e9cifique. La folie est li\u00e9e \u00e0 la raison, \u00e0 sa violation. La folie est, par essence, un raisonnement.<br \/>\nLa folie est corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la stupidit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 une d\u00e9cision consciente qui ne correspond pas \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9.<br \/>\n\u00ab\u00a0Avec le fort, l&rsquo;impuissant est toujours en faute\u00a0\u00bb. La violence, dans ce cas, menace de folie \u00e0 la fois le fort et l&rsquo;impuissant. La folie est \u00e0 la fois le r\u00e9sultat et la cause, la source de la violence, mat\u00e9rielle et spirituelle, \u00e9tant en interaction, mat\u00e9rielle et spirituelle. La folie comprend diverses manies : la grandeur, la pers\u00e9cution, l&rsquo;infaillibilit\u00e9, l&rsquo;invincibilit\u00e9, l&rsquo;autosatisfaction, l&rsquo;omniscience, etc. Elles non plus ne sont pas trait\u00e9es par la m\u00e9decine clinique, mais sont surmont\u00e9es par une influence spirituelle active et r\u00e9elle sur une personne de l&rsquo;ext\u00e9rieur et par un d\u00e9passement spirituel de la personne elle-m\u00eame.<br \/>\nLa folie caus\u00e9e par la violence n&rsquo;est pas une maladie clinique. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un changement spirituel sp\u00e9cial et significatif, m\u00e9dicalement significatif, dans le monde int\u00e9rieur de la personne, dans son cerveau, qui lui donne une attitude spirituelle \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la violence. La violence, \u00e0 son tour, conditionne une folie particuli\u00e8re en tant que changement spirituel dans le monde int\u00e9rieur de la personne, dans son cerveau, donnant \u00e0 la personne une certaine attitude spirituelle.<br \/>\nIl existe un concept de \u00ab\u00a0maladie mentale\u00a0\u00bb qui signifie la destruction du d\u00e9but spirituel d&rsquo;une personne, caus\u00e9e par la violence contre une personne en tant qu&rsquo;\u00e9tat spirituel particulier.<br \/>\nL&rsquo;ali\u00e9nation mentale n&rsquo;est pas identique au ph\u00e9nom\u00e8ne et au concept de folie, qui exclut toute violence \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard d&rsquo;autrui et de soi-m\u00eame.<br \/>\nLa folie est un oubli conscient et volontaire de l&rsquo;homme, mat\u00e9riel et spirituel, en tant qu&rsquo;exemple pour les autres personnes, et surtout en tant qu&rsquo;exemple spirituel.<br \/>\nLa folie est digne d&rsquo;\u00eatre chant\u00e9e. M. Gorki a \u00e9crit : \u00ab\u00a0la folie des braves est la sagesse de la vie\u00a0\u00bb. C&rsquo;est sur la folie des braves que nous chantons\u00a0\u00bb.<br \/>\nLa folie, en effet, se manifeste au nom des int\u00e9r\u00eats vitaux d&rsquo;autrui, mat\u00e9riels et spirituels, sans tenir compte de la menace qui p\u00e8se sur leur propre vie. La folie, c&rsquo;est le d\u00e9passement par l&rsquo;homme de sa propre peur face au danger et m\u00eame \u00e0 la mort. All\u00e9goriquement, \u00ab\u00a0uzh\u00a0\u00bb ne devenait pas et ne pouvait pas devenir \u00ab\u00a0fou\u00a0\u00bb. Comme le \u00ab\u00a0faucon\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La folie doit \u00eatre \u00e9limin\u00e9e au moyen d&rsquo;un d\u00e9passement sp\u00e9cial et, dans une large mesure, interne \u00e0 la personne elle-m\u00eame et d&rsquo;une influence spirituelle sur elle depuis l&rsquo;ext\u00e9rieur.<br \/>\nLe cerveau humain est une interaction de principes mat\u00e9riels et spirituels, avec une pr\u00e9dominance du principe spirituel. Le cerveau re\u00e7oit, par l&rsquo;interm\u00e9diaire de divers organes sensoriels, en tant qu&rsquo;interaction de principes mat\u00e9riels et spirituels, des informations de nature et d&rsquo;orientation diff\u00e9rentes, en tant qu&rsquo;interaction de principes mat\u00e9riels et spirituels, qui exigent d&rsquo;une personne une d\u00e9cision imm\u00e9diate et efficace, tant sur le plan mat\u00e9riel que sur le plan spirituel. Si l&rsquo;information per\u00e7ue par un \u00eatre humain re\u00e7oit dans le cerveau une attitude interne de violence, mat\u00e9rielle et spirituelle, alors l&rsquo;interaction naturelle dans le cerveau des principes mat\u00e9riels et spirituels, avec la dominance du commencement spirituel, est rompue et m\u00eame d\u00e9truite. Dans le cerveau, le d\u00e9but spirituel n\u00e9gatif commence \u00e0 dominer en tant qu&rsquo;attitude \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;utilisation r\u00e9elle de la violence, mat\u00e9rielle et spirituelle, par l&rsquo;homme. C&rsquo;est la folie.<br \/>\nL&rsquo;attitude int\u00e9rieure de l&rsquo;homme \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la violence se manifeste r\u00e9ellement dans ses actions violentes \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la r\u00e9alit\u00e9, dont il re\u00e7oit une impulsion informative pour la manifestation r\u00e9elle de sa violence. L&rsquo;homme lui-m\u00eame augmente par cette violence dans la r\u00e9alit\u00e9, qui forme et manifeste plus fortement et visiblement dans son cerveau l&rsquo;attitude int\u00e9rieure \u00e0 la violence, la rend plus solide et plus stable pour l&rsquo;activit\u00e9 humaine en tant que violence interagissant avec la folie.<br \/>\nCe processus se poursuivra longtemps s&rsquo;il n&rsquo;est pas r\u00e9ellement arr\u00eat\u00e9. La folie qui s&rsquo;exprime par la violence peut devenir maniaque, ce qui est particuli\u00e8rement dangereux pour la vie.<br \/>\nVoici \u00e0 quoi ressemble r\u00e9ellement le m\u00e9canisme de formation de la violence en tant que folie.<br \/>\nUne certaine personne, pr\u00e9dispos\u00e9e \u00e0 la violence qui l&rsquo;attire, veut elle-m\u00eame commettre des actes de violence dans sa vie, ayant re\u00e7u une attitude interne en ce sens. En commettant des actes de violence par la suite, la personne contribue \u00e0 l&rsquo;augmentation de la violence dans la r\u00e9alit\u00e9, et de la r\u00e9alit\u00e9, la personne re\u00e7oit \u00e0 nouveau l&rsquo;attitude intentionnelle de violence, qui est maintenant plus impressionnante. Tel est le processus de formation de la folie par la violence et le r\u00f4le de la violence dans la formation de la folie. La violence et la folie se stimulent mutuellement.<br \/>\nIl existe diff\u00e9rents types de violence et de folie, du plus petit au plus grand. La violence peut \u00eatre priv\u00e9e, insignifiante, ou devenir une terreur impitoyable et sans merci, individuelle et \u00e9tatique.<br \/>\nLe v\u00e9ritable apologiste de la terreur pendant la Grande R\u00e9volution fran\u00e7aise \u00e9tait M. Robespierre, qui pensait que \u00ab\u00a0la terreur n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une justice rapide, stricte et implacable\u00a0\u00bb. F. Engels s&rsquo;opposait raisonnablement \u00e0 Robespierre, estimant que \u00ab\u00a0la terreur, ce sont des cruaut\u00e9s st\u00e9riles commises pour leur propre confort par des gens qui ressentent eux-m\u00eames la peur\u00a0\u00bb. La terreur, par sa nature m\u00eame, est incapable d&rsquo;\u00eatre une justice, et elle suscite la peur d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 en attendant la violence de l&rsquo;autre. La peur alimente la violence dans son expression extr\u00eame de terreur, et la violence \u00e0 son tour alimente la peur, qui alimente la terreur.<br \/>\nFV n&rsquo;est pas d&rsquo;accord avec l&rsquo;affirmation du sociologue Pitirim Sorokin selon laquelle \u00ab\u00a0l&rsquo;administration publique\u00a0\u00bb pr\u00e9suppose la terreur la plus brutale, qui g\u00e9n\u00e8re une \u00ab\u00a0psychose g\u00e9n\u00e9rale\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire une quasi-folie. Une telle \u00ab\u00a0administration publique\u00a0\u00bb est essentiellement criminelle. Elle est manifestement inhumaine.<br \/>\nIl existe \u00e9galement une forme particuli\u00e8re de violence, caus\u00e9e par une sorte de folie, caus\u00e9e par l&rsquo;homme lui-m\u00eame. Par exemple, la famine immod\u00e9r\u00e9e, en tant que violence d&rsquo;une personne sur elle-m\u00eame, provoque un trouble mental grave proche de la folie (anorexie), qui est dangereux pour la vie humaine.<\/p>\n<p>La folie gravite autour de la violence et est stimul\u00e9e par les drogues. La violence engendre la folie, la folie engendre la violence.<br \/>\nAucune violence ne peut en principe devenir une quelconque forme de justice. La v\u00e9ritable justice est essentiellement l&rsquo;interaction, mat\u00e9rielle et spirituelle, de parties oppos\u00e9es.<br \/>\nDepuis longtemps, l&rsquo;un des bellig\u00e9rants tente de justifier sa propre violence \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;autre. Par exemple, dans la Rome antique, les Romains justifiaient leur cruaut\u00e9 brutale \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des pr\u00eatres druides (Gaulois) par le fait que les druides auraient br\u00fbl\u00e9 vivants des prisonniers romains dans des cages de saule en guise de sacrifice. D&rsquo;autres mani\u00e8res tr\u00e8s diff\u00e9rentes et sophistiqu\u00e9es de justifier sa propre violence en g\u00e9opolitique ont \u00e9t\u00e9 et sont utilis\u00e9es, sans \u00e9viter le mensonge et la partialit\u00e9. En principe, la violence n&rsquo;a pas de justification. Les extr\u00eames peuvent se passer de la violence. L&rsquo;interaction, mat\u00e9rielle et spirituelle, est plus viable et fructueuse que toute violence qui engendre la folie.<br \/>\nUne manifestation particuli\u00e8re de la violence qui stimule la folie est le sadisme en tant que psychose maniaco-d\u00e9pressive, devenant souvent relativement massive, comme un plaisir sp\u00e9cial et m\u00eame une jouissance qu&rsquo;une personne tire de la violence, souvent la plus brutale \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard d&rsquo;une autre personne. Les conditions militaires exacerbent et intensifient ce processus.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;instant, malheureusement, la violence r\u00e8gne dans le monde, ce qui renforce la folie, et la folie renforce la violence.<br \/>\nLa violence est cultiv\u00e9e depuis longtemps au cin\u00e9ma et constitue le leitmotiv de nombreux films produits par Hollywood et au-del\u00e0. En m\u00eame temps, la violence a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 faire l&rsquo;objet de honte et m\u00eame de moquerie. Marx notait que \u00ab\u00a0l&rsquo;humanit\u00e9 se s\u00e9pare de son pass\u00e9 en riant\u00a0\u00bb. Dans le film \u00ab\u00a0The Palace\u00a0\u00bb (2023), que son r\u00e9alisateur Roman Polanski a lui-m\u00eame qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0hooligan\u00a0\u00bb, divers personnages apparaissent sous des traits exotiques et peu recommandables, tant que personne ne leur fait de reproches ou ne les soup\u00e7onne de violence \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de quiconque. Il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;un sympt\u00f4me positif. L&rsquo;histoire montre que ce dont les gens rient et se moquent n&rsquo;existe pas tr\u00e8s longtemps.<\/p>\n<p>La violence en tant que politique d&rsquo;\u00c9tat, \u00e9trang\u00e8re et int\u00e9rieure, les effusions de sang massives et sans fin, les guerres constantes et impitoyables, la brutalit\u00e9 l\u00e9galis\u00e9e rendent r\u00e9ellement suicidaire et fou un \u00c9tat qui poursuit une telle g\u00e9opolitique, \u00e9puisant, sans restauration, mat\u00e9rielle et spirituelle, ses capacit\u00e9s et ses ressources r\u00e9elles. Cela conduit in\u00e9vitablement \u00e0 la mort et \u00e0 la d\u00e9composition de l&rsquo;\u00c9tat dans une violence et une folie sans limites. Cela s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 produit dans l&rsquo;histoire et a conduit \u00e0 la disparition effective d&rsquo;\u00c9tats et m\u00eame de civilisations. Rappelons \u00e0 cet \u00e9gard les \u00c9tats les plus divers : Assyriens, Sum\u00e9riens, Aryens, Olm\u00e8ques, Mayas, Azt\u00e8ques, Incas, Rome antique, \u00c9gypte antique, Huns, \u00ab\u00a0Horde d&rsquo;or\u00a0\u00bb, Chinggis, Jacobins, Nazis, \u00ab\u00a0Khmers rouges\u00a0\u00bb, etc.<br \/>\nIl y a lieu de dire que la raison essentielle de l&rsquo;effondrement de l&rsquo;URSS a \u00e9t\u00e9 la croissance illimit\u00e9e du complexe militaro-industriel (CMI) en son sein. L&rsquo;\u00e9conomie de l&rsquo;URSS ne pouvait supporter une charge aussi exorbitante, et la violence, y compris les interdictions diverses, a souvent pris la forme d&rsquo;une v\u00e9ritable folie.<\/p>\n<p>Dans un premier temps, le MIC a sensiblement stimul\u00e9 le d\u00e9veloppement, puis, devenu hypertrophi\u00e9, il l&rsquo;a consid\u00e9rablement ralenti, voire d\u00e9truit. L&rsquo;exp\u00e9rience historique est tr\u00e8s instructive.<br \/>\nL&rsquo;histoire montre et prouve que la philosophie joue un r\u00f4le essentiel dans les diff\u00e9rentes interpr\u00e9tations du probl\u00e8me de la violence et de la folie.<br \/>\nOn sait que le penseur russe P.Y. Chaadaev, dans ses \u00ab\u00a0Lettres philosophiques\u00a0\u00bb (1829-1830), c&rsquo;est-\u00e0-dire pour une approche sp\u00e9ciale, exactement philosophique, de l&rsquo;histoire russe, dans laquelle, comme le pensait Chaadaev, il y avait une violence constante et v\u00e9ritablement illimit\u00e9e comme principe principal de gouvernement, le tsar russe Nicolas Ier a \u00e9t\u00e9 officiellement d\u00e9clar\u00e9 \u00ab\u00a0fou\u00a0\u00bb. Il semble que le rejet particuli\u00e8rement vif du tsar ait pu \u00eatre provoqu\u00e9 par une d\u00e9claration perspicace de Tchaadaev, relat\u00e9e dans ses Lettres philosophiques : \u00ab\u00a0En parlant de la Russie, on imagine constamment que l&rsquo;on parle du m\u00eame \u00c9tat que les autres ; en fait, ce n&rsquo;est pas du tout le cas. La Russie est un monde \u00e0 part, ob\u00e9issant \u00e0 la volont\u00e9, \u00e0 l&rsquo;arbitraire, \u00e0 la fantaisie d&rsquo;un seul homme &#8211; qu&rsquo;il s&rsquo;appelle Pierre ou Ivan n&rsquo;a pas d&rsquo;importance : dans tous les cas, il s&rsquo;agit \u00e9galement de la personnification de l&rsquo;arbitraire. Contrairement \u00e0 toutes les lois de la soci\u00e9t\u00e9 humaine, la Russie ne marche que dans le sens de son propre asservissement et de l&rsquo;asservissement de tous les peuples voisins. Il serait donc utile, non seulement dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des autres nations, mais aussi dans son propre int\u00e9r\u00eat, de la forcer \u00e0 emprunter de nouvelles voies\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il est \u00e9vident que Chaadaev entendait par \u00ab\u00a0Pierre\u00a0\u00bb Pierre le Grand, et par \u00ab\u00a0Ivan\u00a0\u00bb Ivan le Terrible. Leurs activit\u00e9s \u00e9taient en effet en grande partie de l&rsquo;ordre de l'\u00a0\u00bbarbitraire\u00a0\u00bb en tant que violence universelle dans l&rsquo;\u00c9tat. Tous deux ont agi \u00ab\u00a0en opposition avec toutes les lois des relations humaines\u00a0\u00bb, essentiellement l&rsquo;interaction entre les personnes, mat\u00e9rielles et spirituelles, vitales, mat\u00e9rielles et spirituelles. C&rsquo;est sur cette base que tous les autres \u00ab\u00a0Petras\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Ivans\u00a0\u00bb en tant qu&rsquo;autocrates \u00e9taient et sont toujours bas\u00e9s.<br \/>\nDans le roman d&rsquo;A.K. Tolsto\u00ef \u00ab\u00a0Le Prince d&rsquo;Argent\u00a0\u00bb (1863), Ivan le Terrible appara\u00eet comme un autocrate v\u00e9ritablement fou dans sa violence pathologique. Dans le roman d&rsquo;A.N. Tolsto\u00ef \u00ab\u00a0Pierre le Premier\u00a0\u00bb (1929-1949), l&#8217;empereur, dans sa violence d\u00e9brid\u00e9e, se montre comme un v\u00e9ritable fou.<br \/>\nPar ailleurs, dans la com\u00e9die d&rsquo;AS Griboyedov \u00ab\u00a0Woe from Wit\u00a0\u00bb (1833), le h\u00e9ros Chatsky (une variante de la com\u00e9die) porte le nom de famille Chadsky, ce qui est une allusion \u00e9vidente \u00e0 Chaadaev. La critique acerbe de la violence comme principe d&rsquo;administration de l&rsquo;\u00c9tat par la soci\u00e9t\u00e9 la\u00efque officielle valut \u00e0 Chatsky d&rsquo;\u00eatre d\u00e9clar\u00e9 \u00ab\u00a0fou\u00a0\u00bb. Il a \u00ab\u00a0perdu la t\u00eate\u00a0\u00bb. \u00c0 son tour, Chatsky lui-m\u00eame, d\u00e9non\u00e7ant une telle soci\u00e9t\u00e9, la qualifie de \u00ab\u00a0folle\u00a0\u00bb. En effet, la violence est en principe ins\u00e9parable de la folie, et la folie est ins\u00e9parable de la violence. Les \u00ab\u00a0fous\u00a0\u00bb sont ceux qui, d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, soutiennent et exercent la violence, et non ceux qui ne la reconnaissent pas et ne la condamnent pas.<br \/>\nL&rsquo;histoire est sujette \u00e0 une certaine r\u00e9p\u00e9tition, m\u00eame si, comme le pensait G.F. Hegel, \u00ab\u00a0l&rsquo;histoire n&rsquo;apprend rien aux nations et aux gouvernements\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les \u00e9crivains classiques russes ont d\u00e9velopp\u00e9 une \u00ab\u00a0langue d&rsquo;Esope\u00a0\u00bb sp\u00e9ciale (des analogies historiques cach\u00e9es) autoris\u00e9e par la censure tsariste. La \u00ab\u00a0langue d&rsquo;\u00c9sope\u00a0\u00bb est pr\u00e9serv\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui. Il vit et sert actuellement \u00e0 affirmer la paix dans le monde, un monde sans violence.<br \/>\nDans la satire all\u00e9gorique de M.E. Saltykov-Shcheded. L&rsquo;histoire d&rsquo;une ville\u00a0\u00bb (1870) de Saltykov-Chtchedrine, des autocrates russes pr\u00e9sentant des signes \u00e9vidents de folie sont pr\u00e9sent\u00e9s sous les traits de gouverneurs. Tous les coups d&rsquo;\u00c9tat dans la ville de Glupov se terminent dans la violence : le prochain \u00ab\u00a0Ivashka et Nikishka ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s du raskat\u00a0\u00bb (toit). La violence ressemble dans ce cas \u00e0 de la folie, et la folie se r\u00e9alise par la violence.<br \/>\nDe nos jours, divers apologistes de la guerre d\u00e9crivent de mani\u00e8re d\u00e9magogique et sophistiqu\u00e9e les \u00ab\u00a0beaut\u00e9s de la guerre\u00a0\u00bb, psychologiques et autres, comme \u00e9tant la violence, sa valeur durable pour l&rsquo;humanit\u00e9, mat\u00e9rielle et spirituelle. Le soi-disant \u00ab\u00a0art de tuer\u00a0\u00bb les ennemis est glorifi\u00e9 de toutes les mani\u00e8res possibles. Cela ressemble \u00e0 une v\u00e9ritable folie. Il est temps de mettre fin \u00e0 ces exercices de quelque mani\u00e8re que ce soit, naturellement, l\u00e9galement, et d&rsquo;exclure la violence en tant que norme d&rsquo;existence de la vie de l&rsquo;humanit\u00e9, de chacun et de toute chose, au moins dans un avenir pr\u00e9visible.<\/p>\n<p>Le fait que de nombreuses personnes s&rsquo;habituent progressivement \u00e0 la violence comme norme de leur propre existence et de leur folie, ce qui se concr\u00e9tise dans la pratique de la vie, est particuli\u00e8rement n\u00e9gatif et met en danger la vie de l&rsquo;humanit\u00e9, de chacun et de tous.<br \/>\nM\u00eame F.M. Dosto\u00efevski affirmait que \u00ab\u00a0l&rsquo;homme s&rsquo;habitue \u00e0 tout\u00a0\u00bb. Une telle habitude est particuli\u00e8rement dangereuse pour un \u00eatre humain et il est grand temps de la surmonter, mat\u00e9riellement et spirituellement.<br \/>\nLa violence ne renforce en rien la s\u00e9curit\u00e9 humaine ; au contraire, elle l&rsquo;affaiblit et la rend vuln\u00e9rable \u00e0 toute violence proche de la folie.<br \/>\nDans l&rsquo;histoire, la violence s&rsquo;est souvent transform\u00e9e en folie, et la folie a engendr\u00e9 la violence. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, qui est v\u00e9ritablement historique mondial, a \u00e9t\u00e9 fid\u00e8lement reproduit par la litt\u00e9rature mondiale des diff\u00e9rentes nations.<br \/>\nD\u00e9j\u00e0 dans l'\u00a0\u00bbIliade\u00a0\u00bb d&rsquo;Hom\u00e8re, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 de mani\u00e8re convaincante comment la violence d\u00e9brid\u00e9e s&rsquo;est transform\u00e9e en v\u00e9ritable folie, qui trouve son expression r\u00e9elle dans la violence.<br \/>\nLa violence voulue et universelle dans l&rsquo;\u00c9gypte ancienne, qui a conduit \u00e0 une g\u00e9opolitique insens\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite de mani\u00e8re impressionnante par B. Prus dans le roman \u00ab\u00a0Pharaon\u00a0\u00bb (1885).<br \/>\nDans l&rsquo;ancienne Carthage, la violence sans limite, \u00e0 la fois cruelle et l\u00e9galis\u00e9e, devient une folie g\u00e9n\u00e9rale, comme le montre G. Flaubert dans son roman \u00ab\u00a0Salammbo\u00a0\u00bb (1862).<\/p>\n<p>Dans le roman de G. Sienkiewicz \u00ab\u00a0Kamo Gredeshi\u00a0\u00bb (1894-1896), l&#8217;empereur romain N\u00e9ron, qui met en \u0153uvre une violence sophistiqu\u00e9e, \u00e9prouve un plaisir fou.<br \/>\nDans la nouvelle de M. Twain \u00ab\u00a0Le prince et le mendiant\u00a0\u00bb (1882), le roi anglais Henri VIII, partisan convaincu de toute violence, semble en m\u00eame temps fou.<br \/>\n\u0412. Hugo, dans le roman \u00ab\u00a093e ann\u00e9e\u00a0\u00bb (1884), la terreur jacobine appara\u00eet comme une violence v\u00e9ritablement insens\u00e9e.<br \/>\nLe roman \u00e9pique de L.N. Tolsto\u00ef \u00ab\u00a0Guerre et Paix\u00a0\u00bb (1863-1869) montre que la guerre en tant que violence, et la plus diverse et la plus cruelle, n&rsquo;est en principe pas naturelle pour la nature humaine. M\u00eame la guerre, g\u00e9opolitiquement forc\u00e9e et temporaire, viole et d\u00e9forme le monde int\u00e9rieur de l&rsquo;homme sur le plan mental et psychologique, mat\u00e9riel et spirituel, signifiant en fait une forme particuli\u00e8re de folie. C&rsquo;est la paix mondiale, la paix sans violence, qui correspond \u00e0 la nature de l&rsquo;homme, de chacun et de toute chose, qui constitue le sens philosophique de la vie. Tolsto\u00ef lui-m\u00eame \u00e9tait int\u00e9rieurement oppos\u00e9 au mal, et non \u00e0 la violence, qu&rsquo;il consid\u00e9rait comme le principal mal, mat\u00e9riel et spirituel.<br \/>\nLa pi\u00e8ce \u00ab\u00a0Per Gyunt\u00a0\u00bb (1867) du dramaturge norv\u00e9gien G. Ibsen montre comment la violence devient une v\u00e9ritable folie exprim\u00e9e, essayant d&rsquo;arr\u00eater le d\u00e9sir de libert\u00e9 du h\u00e9ros, le rendant ob\u00e9issant \u00e0 la violence et donc, \u00e0 sa mani\u00e8re, fou, passif-tranquille.<br \/>\nDans le roman de F.M. Dosto\u00efevski \u00ab\u00a0Les d\u00e9mons de la violence\u00a0\u00bb (1871-1872), la possession mat\u00e9rielle et spirituelle des gens les rend v\u00e9ritablement fous.<\/p>\n<p>Le nazisme en tant que violence folle est d\u00e9crit de mani\u00e8re expressive dans le roman \u00ab\u00a0Le proc\u00e8s\u00a0\u00bb (1935) de W. Bredel et dans le roman \u00ab\u00a0La septi\u00e8me croix\u00a0\u00bb (1935) d&rsquo;A. Zegers. Zegers \u00ab\u00a0La septi\u00e8me croix\u00a0\u00bb (1942).<br \/>\n\u0412. Kataev, dans son roman \u00ab\u00a0D\u00e9j\u00e0 \u00e9crit Werther\u00a0\u00bb (1980), a montr\u00e9 que la violence de masse et aveugle est commise par des personnes vraiment folles. Le titre du roman n&rsquo;est pas fortuit. Dans Les douleurs du jeune Werther (1774) de J.W. Goethe, Werther lui-m\u00eame souffre de ses doutes et de ses h\u00e9sitations. Dans Kataev, d&rsquo;autres personnes souffrent de la violence insens\u00e9e qui leur est inflig\u00e9e.<br \/>\nM\u00eame N.A. Nekrasov a exhort\u00e9 les \u00e9crivains \u00e0 \u00ab\u00a0semer le raisonnable, le bon, l&rsquo;\u00e9ternel\u00a0\u00bb. Il s&rsquo;agit l\u00e0, en substance, de l&rsquo;affirmation de la paix mondiale, d&rsquo;un monde sans violence et sans folie g\u00e9opolitique, pour lequel les \u00e9crivains \u00ab\u00a0diront\u00a0\u00bb merci, du fond du c\u0153ur, et pas seulement au \u00ab\u00a0peuple russe\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Dans la vie, le processus de transformation de la violence en folie et de la folie en violence se manifeste de mani\u00e8re n\u00e9gative.<br \/>\nToute la structure id\u00e9ologique et artistique de la litt\u00e9rature mondiale a convaincu le lecteur de l&rsquo;inhumanit\u00e9 et de l&rsquo;inadmissibilit\u00e9 de la transformation de la violence en folie et de la folie en violence. La modernit\u00e9 attend des \u00e9crivains qu&rsquo;ils reproduisent ce processus de mani\u00e8re v\u00e9ridique et impressionnante.<br \/>\nIl est r\u00e9v\u00e9lateur que, dans le pass\u00e9 comme aujourd&rsquo;hui, le discours des gens contre la violence \u00e0 leur \u00e9gard ait \u00e9t\u00e9 et soit qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0r\u00e9bellion\u00a0\u00bb contre eux-m\u00eames par les autorit\u00e9s, et qu&rsquo;elles demandent et exigent son interdiction par l&rsquo;\u00c9tat. FV estime qu&rsquo;il serait pr\u00e9f\u00e9rable d&rsquo;interdire toute violence qui conduit \u00e0 la folie.<br \/>\nIl convient \u00e9galement de pr\u00e9ciser que la r\u00e9conciliation n&rsquo;est pas identique \u00e0 l&rsquo;interaction. Elle est relativement priv\u00e9e et temporaire, et l&rsquo;une des parties \u00e0 la r\u00e9conciliation veut, au moins \u00e0 certains \u00e9gards, surpasser l&rsquo;autre partie au conflit.<br \/>\nL&rsquo;\u00e9nergie qui s&rsquo;accumule naturellement dans l&rsquo;homme devrait \u00eatre canalis\u00e9e \u00e0 des fins pacifiques plut\u00f4t que militaires. C&rsquo;est une sorte de loi de la nature qui assure \u00e0 l&rsquo;homme sa vie normale-naturelle, mat\u00e9rielle et spirituelle.<br \/>\nApr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale, au cours de laquelle son fils est mort, Ear Kipling a \u00e9crit \u00ab\u00a0Epitaph of War\u00a0\u00bb, dans lequel il d\u00e9clare explicitement : \u00ab\u00a0Si quelqu&rsquo;un demande pourquoi nous sommes morts, nous lui r\u00e9pondons &#8211; parce que nos p\u00e8res nous ont menti\u00a0\u00bb. Le mensonge en temps de guerre n&rsquo;est jamais un moyen de salut. Il est ruineux pour le menteur lui-m\u00eame et pour les personnes qu&rsquo;il a tromp\u00e9es. Nous devrions toujours nous en souvenir, en particulier dans les difficiles conditions g\u00e9opolitiques actuelles.<br \/>\nM\u00eame Pouchkine disait que si l&rsquo;on entreprend de mentir, il faut le faire avec habilet\u00e9 et talent. Cela est relativement rare de nos jours. Il faut mentir avec inspiration et enthousiasme, avec une pression int\u00e9rieure et une conviction d\u00e9monstrative de son bon droit, avec inspiration et enthousiasme, avec des arguments audacieux et nouveaux, et non avec des expressions faciales ennuyeuses et sans signification, en bafouillant et en bougeant \u00e0 peine les l\u00e8vres, et avec des baisers rituels. Alors, peut-\u00eatre que quelqu&rsquo;un y croira. Le mensonge est une sorte d&rsquo;art qui n&rsquo;est pas donn\u00e9 \u00e0 tout le monde et pas imm\u00e9diatement. Le public le plus divers le ressent et le comprend bien.<\/p>\n<p>De nos jours, nous nous souvenons du colonel Skalozub dans \u00ab\u00a0Woe from Wit\u00a0\u00bb de Gribo\u00efedov et de ses c\u00e9l\u00e8bres paroles : \u00ab\u00a0Je vous donnerai un officier de campagne \u00e0 Voltaire\u00a0\u00bb, qui vous construira \u00ab\u00a0en trois rangs et vous calmera en un rien de temps\u00a0\u00bb. Il y a aujourd&rsquo;hui beaucoup d&rsquo;officiers de terrain, mais il est peu probable qu&rsquo;ils \u00ab\u00a0calment\u00a0\u00bb tout le monde. Voltaire n&rsquo;est comparable \u00e0 aucun feldfebel, ni \u00e0 aucun \u00ab\u00a0scalozuby\u00a0\u00bb (ce mot signifie moquerie m\u00e9prisante). Comme on le sait, cela n&rsquo;a pas march\u00e9 dans le pass\u00e9. Et aujourd&rsquo;hui, il y a beaucoup de \u00ab\u00a0feldfebels\u00a0\u00bb dans la vie, mais on ne voit pas Voltaire. On conna\u00eet l&rsquo;attitude n\u00e9gative de Voltaire \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du cl\u00e9ricalisme.<\/p>\n<p>En son temps, le comte A.K. Tolsto\u00ef a mis en garde : \u00ab\u00a0il est gluant de marcher sur d&rsquo;autres pierres, nous ferions mieux de garder le silence sur ce qui \u00e9tait proche de nous\u00a0\u00bb. Le comte L.N. Tolsto\u00ef a d\u00e9clar\u00e9 haut et fort : \u00ab\u00a0Je ne peux pas me taire\u00a0\u00bb. L&rsquo;\u00e9poque actuelle est telle qu&rsquo;il est vraiment impossible de se taire et que nous devons avant tout parler de la paix dans le monde, d&rsquo;un monde sans violence.<br \/>\nPour FV, la violence et la folie repr\u00e9sentent une stimulation mutuelle, mat\u00e9rielle et spirituelle, dans la mesure la plus diff\u00e9rente et dans l&rsquo;expression la plus diff\u00e9rente, n\u00e9gativement mat\u00e9rielle et n\u00e9gativement spirituelle. Elles mettent r\u00e9ellement en danger la vie de l&rsquo;humanit\u00e9, de chacun d&rsquo;entre eux, et peuvent et doivent \u00eatre surmont\u00e9es par divers moyens, en excluant compl\u00e8tement de la vie mat\u00e9rielle et spirituelle de l&rsquo;humanit\u00e9, de chacun d&rsquo;entre eux, ses int\u00e9r\u00eats vitaux mat\u00e9riels et spirituels.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;interaction qui \u00e9limine r\u00e9ellement la n\u00e9gativit\u00e9 mat\u00e9rielle et spirituelle de la vie des gens et qui favorise la cr\u00e9ation et l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;un monde sans violence, mat\u00e9rielle et spirituelle.<\/p>\n<p>\u00a9<br \/>\n28.12.2023 Saint-P\u00e9tersbourg<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Grand docteur en philosophie, docteur en sciences philologiques, professeur, acad\u00e9micien A.N. Jesuitov. 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